Amie blogueuse, ce que tu seras gentille de nous épargner à l’avenir.

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Comme plus personne ne l’ignore, en ce moment, c’est le grand concours Golden Blog Awards.
Cool, me suis-je dit, voilà l’occasion d’aller fureter du bon blog.
Ça tombait bien, le temps était sinistre et je n’avais rien de mieux à faire que de me préparer un litre de thé bouillant, ma couette et mon PC.
Mais j’ai bien vite déchanté.
Et plutôt violemment.
Combien de rivières d’inepties, combien de montagnes de clichés rébarbatifs, combien de mots sauvagement massacrés…?
Et ça caquette, ça caquette pendant que l’ennui fait rage.
J’ai dû me fader des pages et des pages de fiente en lignes, en lettres et en ponctuations avant de trouver quelque chose de croustillant à me mettre sous la dent.
Faire un blog, c’est une chose.
Le présenter aux Golden Blog Awards, là, c’est une toute autre démarche : c’est la croyance assumée que, ce que tu écris, est susceptible de plaire au plus grand nombre. C’est aussi accepter de s’exposer à la critique…On est bien d’accord.
La suite s’adresse à ceux-là même, ceux que le doute n’ étreint pas une seule seconde.
Meufs, je m’adresse, tout particulièrement, à vous, parce qu’il faut bien l’admettre, vous êtes les championnes du pire que pire.
Amie blogueuse, ce que, tu seras gentille, de nous épargner à l’avenir :

  _Le bon gros poncif du prince charmant, pas si charmant.

Celui-là, ON N’EN PEUT PLUS.
Il traîne dans les bas-fonds  de la blogosphère depuis 1996, au moins, et il est tellement usé qu’il ne ferait même pas sourire ma grand-mère.
C’est bon, on a compris ta douleur, on a compris ton immense déception de la gent masculine.
On a compris aussi ton enfance collée devant la télé, tes parents, probablement un peu indignes, qui ont préféré la facilité, ou t’abrutir de DVD-glucose, plutôt qu’une balade en forêt.
On a compris tout ça mais je suis désolée, C’EST PAS A NOUS DE PAYER LES CRUCHES CASSEÉS.
Les quiches qui s’obstinent à regarder les films pornos jusqu’au bout, persuadées qu’à la fin, ils finiront par se marier, on n’en veut plus.

 _Le trip Sex and the city et autres délires Louboutinesques.

Pareil, le truc vu, vu, et rogné jusqu’à l’os.

Ce que, tu voudrais nous faire croire, l’air de rien: t’es une superwoman de la mort qui, du haut de ses stillettos, dirige sa vie d’une poigne de fer.
Ce qu’on sait, on n’est pas dupes : t’es monitrice d’auto-école et t’habites toujours chez tes parents à Clermont-Ferrand.
Par ailleurs, sache une chose, les Louboutin ne sont plus signe ostentatoire de luxe et raffinement, depuis que la Halle aux chaussures en a sortie une immitation plus vraie que vraie, à 49 euros, c’est juste devenu LE accessoire de rigueur porte Dauphine.
NB : Petits frères des précédents, les blogs de pétasses autoproclamées sont les prochains dans le collimateur. Leur date de péremption n’est plus qu’une question de jours.

 _La parisienne excessivement fière d’être parisienne.

Elle me fatigue celle-là.
Son blog narre, avec une pointe de snobisme mal dissimulée, ses afterworks, ses sushis-parties entre copines et son shopping dans le Marais mais prend grand soin d’omettre ses deux heures quotidiennes dans un métro qui pue la pisse et la transpiration pour retrouver sa cage à poules chambre de bonne de 20 m² qu’elle paie 700 euros /mois, le tout sous une pluie battante.
Paris ne fait plus rêver que toi et une poignée de réfugiés clandestins; range-moi donc ces manières dédaigneuses et ces vieux  relents de chauvinisme déplacés.

 _De ton mal-être existentiel, tu parleras avec parcimonie.

Celle-là suinte le mal de vivre et souhaite ardemment te faire partager son malaise.
Souvent, son blog est illustré par une photo un peu triste qui voudrait crier « je suis différente » (même si elles sont des millies, comme elle, à pulluler sur la toile) ou pire encore, une photo inquiétante qui parle de mort, de sang ou de conduites à risques.
Mais rassurons-nous : dans son tourment, elle n’a pas oublié de s’inscrire aux Golden Blog Awards !
La forme de ses articles n’est pas si exécrable, on peut même parfois tomber, au détour d’un paragraphe, sur une jolie tournure de phrase ou une gracieuse métaphore.
C’est le fond, qui est juste insupportable.
« Je suis une poussière errante qui n’a toujours pas trouvé sa place dans ce monde si hostile et je vais t’expliquer, en détails, sur trois longues et pénibles pages, ce qui se passe, dans ma tête, dans mon corps tout entier. »
Et je vais transformer, sans scrupule, ta pause café en pause cafard.
Ses pensées sont brouillonnes, tumultueuses et elle te les jette à la gueule, comme ça, au petit bonheur la chance.
Le tout saupoudré de citations, longues comme mon bras, de Kundera ou Coelho.
Je me meurs, je suis morte, je suis enterrée.

 _Les désespérantes mères de famille.

Non mais sérieusement, cessons la gaudriole deux minutes : Qui est content de savoir que la rentrée de Mini-crotte s’est bien passée ? QUI ?
Les No-MILF vont en meute docile et sont très actives.
Chez les unes, chez les autres, ça s’échange, frénétiquement, les bons plans ; comment se traire le lait jusqu’aux 7 ans de son gamin et  la recette du flan à la courgette qui va avec.
En apparences, le verbe minaude et ça se like bien dans le sens du poil.
Mais intérieurement, silencieusement, c’est la guerre au sang et ça lutte sec, à celle qui aura le meilleur mari, les plus beaux enfants, la plus grosse baraque, celle qui fera les scrapbookings les plus démentiels, ou la collection de stickers la plus délirante.
Du menu du soir,  en passant par la description des hémorroïdes chez la femme en gestation, rien ne nous sera épargné.
Les DMF ont des seins pour nourrir, des organes sexuels pour la reproduction et ont, visiblement, oublié d’être femme désirable.
Je soupçonne, trés fortement, leurs blogs d’être à vocation contraceptive.

 _Si tu voulais bien cesser de flinguer le français.

C’est la base bordel, la BASE.
Prends dix minutes pour te relire, c’est le moindre des respects que tu dois à ton lecteur.
Le cou que j’ai furieusement envie d’étrangler ne prend pas de ‘p’, nous pouvons en discuter ou en faire une discussion mais sûrement pas une ‘discution’ et me dis pas que j’ai torT ou je te torDs ce putain de cou sans p.
Pas la peine de courir traquer mes défaillances orthographiques, les miennes ne sont que fautes de frappe.
Comment ça « mauvaise foi » ? (sans e ni x)
Bon j’ai envie de conclure avec cette citation de je ne sais plus qui, trouvée je ne sais plus où :

«  La littérature ne périt pas parce que personne n’écrit mais quand tout le monde écrit. »

Paf.

@LilasGoldo

7 réflexions au sujet de « Amie blogueuse, ce que tu seras gentille de nous épargner à l’avenir. »

  1. Je crois que je vais faire suivre… tu penses vraiment qu’elles vont y faire quelque chose? Ne sait-on jamais… *soupir*

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  2. Y a beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de boulot… mais bon, l’en faudra plus pour nous faire taire, gniark gniark ! 😉

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  3. N’y a-t-il pas de blogs féministes sur Golden Blog Awards ? Quelques-uns pourraient inspirer votre plume acérée…

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  4. Oh, là, là! J’ai lu votre commentaire: quelle verve !
    J’ai aussi lu l’article féministe que vous brocardez. Je suis surpris de voir à quel point son auteure ressent besoin de justifier sa préférence pour les amours lesbiens – sans se résoudre à l’avouer. Après 3400 mots elle finit tout de même par le faire – en réponse à un commentaire masculin provoquant. Si j’en crois des contributions de ses lectrices, elle n’est pas la seule à avoir autant de difficultés à s’assumer. C’est triste… mais vous avez raison, la haine qu’elles exprime est contreproductive.

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