L’éjaculation faciale n’est-elle réservée qu’aux tromblons ?

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Je pose la question.
Mais en vrai, j’ai déjà ma réponse.
Et j’ai bien conscience, qu’elle risque de ne pas faire plaisir à tout le monde.
Enfin bon, je ne suis pas là pour te sucer dans le sens du poil, ni pour devenir ta meilleure pote, on va donc arrêter les papouilles dans le dos et touiller un peu dans le sujet qui fâche. Aujourd’hui, plus que le plaisir subtil d’un pouce bien mis, j’ai surtout furieusement envie de malmener quelques tabous.
Mes supputasseries s’appuient sur du concret, du vécu, mais aussi sur un solide sondage effectué sur un large panel de 53 kilos : moi. Elles sont donc, bien évidemment, irréfragables.

La première fois que j’ai entendu parler d’éjaculation faciale, je devais avoir 15 ans genre. A cette époque, j’avais une bonne copine, très sympa mais aussi très ingrate ; courte sur pattes, le cul qui frôle dangereusement le bitume, des tous petits pieds, des toutes petites mains, un tronc anormalement allongé et posée sur tout ça, une large face en permanence hilare, les narines dilatées, les yeux excessivement écarquillés. Une sorte de petit poney magique, en somme. Cependant, aussi étrange que cela puisse paraître, cette meuf était chaude comme une baraque à frites et enchaînait les mecs, les uns derrière les autres. Tu sais, y en a toujours des comme ça chez les ados, des vilaines qui n’ont pas froid aux yeux, des cageots qui ont compris qu’elles avaient plutôt tout intérêt à agir vite avant que la concurrence ne soit trop rude et le marché totalement saturé. Prêtes à tout pour se caser, elles tombent la culotte sans rechigner et ce, pour le plus grand bonheur de jeunes puceaux en proie au chaos hormonal. Bref, revenons à notre petit poney fougueux. Lundi matin, au fond d’une salle de classe, elle et moi nous faisons le compte-rendu de nos week-ends respectifs et alors que je venais à peine de finir de lui narrer la fête formidable donnée en l’honneur des 80 ans de ma mamie, voilà t-il pas qu’elle m’annonce, droit au but : « j’ai niqué avec Fred samedi soir. » Il faut savoir que Fred, pâle copie de Johnny Depp, est LA bombe atomique du bahut, LE mec que toute meuf vaginalement constituée rêve de fourrer dans son plumard et le gredin ne se prive pas de tirer sur tout c’qui bouge. Elle ne m’a épargné aucun détail de cette baise scabreuse, je me rappelle encore de ses chuchotements gluants, du tippex qu’elle s’était foutu par inadvertance sur le menton et ma difficulté à réprimer un frisson de répulsion quand est arrivé le bouquet final de son récit : Cum on her face. J’ai rien trouvé de mieux à lui répondre qu’un pragmatique : « Mais mais… sur tes lunettes ?? »

Les mois ont passé, moult bites nouvelles ont défilé entre les cuisses de ma pote bouillante et ma passion pour 21 Jump Street aidant, j’ai fini par céder aux avances patientes et enfiévrées du geyser fou, DU FAMEUX FRED. Autant te dire tout de suite qu’avec moi, ça n’a pas vraiment été la même ; j’avais la culotte solidement arrimée et je suis restée inflexible face à mon sacro-saint principe « pas avant 16 ans. » Il a attendu presqu’un an. On peut être vraiment crétin quand on est amoureux, tu sais. Un jour n’y tenant plus, nous avions alors (enfin) une vie sexuelle épanouie et des discussions sans tabou, il m’a fallu remettre sur le tapis l’anecdote de la giclée faciale infligée à petit poney magique. Il ne s’en souvenait même plus cet enculé, « Rhoo ça va, j’étais bourré » m’a t-il expliqué, impassible. J’ai pas lâché l’affaire, je voulais savoir, je voulais comprendre, je suis une meuf quoi. « Mais à moi, tu me le ferais ça ? T’aurais envie de me le faire ? » j’ai demandé. Il s’est alors subitement redressé, a planté ses yeux dans les miens et m’a répondu « je ne pourrai jamais faire ça sur ton joli visage ». Note cette façon subtile de s’envoyer des pots de géraniums mais pourtant je n’invente rien, c’est mot pour mot ce qu’il m’a dit.

Quelques années plus tard, j’ai rencontré un autre gars -je parle ici de mes histoires de coeur hein- on était jeunes, on était cons, on s’est mariés. Et l’inévitable question de l’éjac’ faciale a refait son apparition. Je ne me souviens plus trop des circonstances, juste que nous venions de voir sur internet la vidéo d’une meuf, la gueule dégoulinante de foutre. J’ai réitéré : « Tu voudrais pas m’le faire, ça ? » il s’est lentement tourné vers moi, m’a regardée comme si je lui avais demandé l’autorisation de lécher les couilles de son meilleur pote et il m’a répondu, au bord du malaise vagal : « Mais ça va pas ? T’es ma femme, je te respecte ! » Et pourtant, c’était pas un frileux de la bite, crois-moi.

Aujourd’hui, toujours pucelle de la che-tron et forte de l’enseignement des burnes qui ont traversé ma vie, je m’interroge : y a t-il des gueules qui « méritent » plus que d’autres le crachat des trompettes ?

Soyons objectifs, j’écris ce billet avec mes neurones et non pas ma vulve énervée, se prendre un vieux fond de Yop en pleine figure n’a rien de bien jouissif pour la dite figure. J’entends déjà les grognements au loin « et donner du plaisir à l’autre, tu sais c’que ça veut dire, sale égoïste ?! » Oui bien sûr et je sais sucer et avaler par altruisme amoureux, par exemple. Derrière la pipe, il y a quelqu’un d’actif, la volonté d’une personne à part entière d’amener l’autre à l’orgasme (dans le meilleur des cas) la pipe se fait à deux alors que l’éjaculation faciale ne requiert qu’un simple « support ». Tu la saisies la nuance ? Tu peux cum shoter ta meuf ou ta table de chevet IKEA, c’est toujours un peu la même histoire.

Par ailleurs, et là je parle en toute sincérité, je ne fais pas partie de ces meufs qui se sentent obligées de se fabriquer une image de chagasse décomplexée pour attirer l’attention, je ne peux m’empêcher de voir dans le ravalement de façade séminal, un désir sous-jacent d’humiliation. Je ne m’explique pas très bien cette impression fugace mais persistante, je constate juste qu’une éjaculation sur le rebondi d’une paire de fesses, une poitrine, un ventre ou le fond d’une gorge ne me pose pas d’problème, sur un visage, si. Va t-en savoir pourquoi.

Alors, dis-je tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ou suis-je juste une psychorigide de la culotte, une chaudière moralisatrice, dans ce monde si cool, tellement détendu du gland et du clito ? On peut en débattre jusqu’à c’que mort s’ensuive, si tu veux.

Et juste une petite chose pour finir, moi après une bonne baise, j’ai beaucoup d’envies ; recommencer, fumer une clope, bouffer un truc ou dormir mais sûrement pas celle d’aller me laver les cheveux. 

@LilasGoldo

7 réflexions au sujet de « L’éjaculation faciale n’est-elle réservée qu’aux tromblons ? »

  1. Bon, c’est bien je craignais, mon com’ est passé à la poubelle.
    Je disais donc.
    Je ne sais pas si je suis aussi moche que ta copine, mais moi aussi, j’ai vu passer un certain nombre de partenaires, et pas les plus coincées de la terre, et ça ne m’est pas arrivé une seule fois. Non seulement parce que ça ne m’attire pas spécialement, mais aussi parce qu’on ne me l’a jamais demandé. Sûr que si, un jour, je rencontrais quelqu’une qui en aurait envie, ça me tenterait (j’ai le désir miroir), mais pour l’instant ça ne me tente pas plus que ça.
    Je précise au passage que j’ai déjà joui sur des seins, je trouve même très joli (oui, c’est graphique) de jouir sur un dos – mais ça ne m’arrive pas très fréquemment (bon ! la dernière fois c’était hier ^^ mais c’est une coïncidence) parce que je préfère généralement jouir « dedans » bien confortablement au chaud que dehors.

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  2. Bonsoir Lilas,
    Je comprends votre réticence au nettoyage capillaire d’après plaisir exclusivement masculin (et encore ?). Si je puis me permettre une suggestion :
    Avec ma compagne nous avons réussi à résoudre cet épineux problème.
    Elle porte le délicieux bonnet de bain à fleurs rouge que portait tante Adèle pour aller à la plage. C’est merveilleusement kitch, du plus bel effet, la couleur rouge attise mon excitation et les cheveux de madame sortent indemnes de la situation.
    Ça n’a qu’un seul inconvénient. Elle met 1/2 heure à le mettre et autant pour l’ôter !

    CdE

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  3. Très drôle ce blog. Du peps, du style, je sens que je vais revenir d’autant plus qu’avec les deux commentateurs précédent je ne me sens pas dépaysé. L’éjac faciale, c’est amusant quand on veut se faire un trip porno. C’est pas sensuel, c’est cérébral. Je ne le ferais pas à chaque fois, ça demande des efforts, on est si bien au chaud à l’intérieur. Mais des lèvres, un menton, jusqu’aux joues peut-être, dégoulinantes de sperme, oui c’est excitant et d’autant plus excitant que la fille est jolie. Je ne m’imaginerais pas embrasser la table Ikea après avoir éjaculé dessus voyez-vous ?

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  4. Alors, moi je dirai juste que l’éjac faciale c’est comme tout dans le sexe, faut en avoir envie. On peut par ex avoir envie de se faire prendre une bonne claque sur le cul, voire sur les joues pour les plus téméraires. On peut avoir envie d’avaler… ou de sentir l’autre jouir sur des parties de notre corps. Alors le visage, effectivement, c’est un peu le paroxysme en quelque sorte d’une forme de dégradation de soi. Alors pourquoi ça l’est plus que de se faire jouir dessus sur les seins, ou le dos, ou les fesses ? Peut-être parce que le visage est ce qu’on montre de nous à tout un chacun. Ceux qu’on connaît, mais aussi n’importe quel inconnu qui nous croise dans la rue. Les fesses, les seins, le dos, ça reste assez intime finalement. Alors que le visage n’est jamais couvert (à moins d’être voilée). C’est sûrement cela qui gêne. Je ne dirais pas qu’accepter l’éjac faciale c’est forcément vouloir faire sa shagasse décomplexée. Personnellement, ça m’est arrivée d’en avoir envie avec mon copain, mais ce n’était jamais le cumshot porn (genre le gros jet qui t’éclabousse au visage). Juste une pipe qui dérape sur les joues « par inadvertance » ou parce que je l’ai cherché. Bon voilà juste une envie de jouer, d’essayer, et oui forcément un certain désir de soumission finalement. Mais clairement, à part une jouissance dans la soumission, il est vrai que je trouve qu’il n’y a pas grand chose à en tirer pour la femme. Peut-être tout de même une satisfaction d’exciter l’autre, tout comme quand on le fait jouir en le suçant. S’il aime cela et que ça nous excite pourquoi pas le faire après tout. Je suis sûre que peu résisteraient à ce doux visage leur implorant « hum chéri, jouis-moi dessus, sur la bouche, le visage, où tu veux, j’en ai envie ». Et que quelque part, malgré la soumission, on peut en tirer une certaine fierté égocentrique. Bon, clairement je n’ai jamais ressenti ça hein, mais bon on ne sait jamais…

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  5. Il n’y a pas à chercher trop loin selon moi.
    On s’étale bien de la cire chaude dans des endroits improbables, alors du foutre sur les seins ou le dos, voire autour des lèvres (lesquelles ? baaah…. les deux !) ce n’est pas trop étonnant.
    Mais on ne se projette pas comme ça des trucs sur le visage : ça finit dans le nez, on s’étouffe, ça finit dans l’œil, ça pique !
    Moi qui arrive à peine à me mettre efficacement quelques gouttes dans les yeux, le jour où un mec à éjaculé par inadvertance alors que je le suçais, j’ai cru perdre la vue tellement ça faisait mal….

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  6. Quelle plume… One more time!!!!… Que penser du cas ou le monsieur (pas le one-shot, celui susceptible de durer 1 mois, 1 an ou 1 siècle) agit – avec ou sans permission – tandis que la dame se délecte des valseuses? Est-ce que cela redevient un acte partagé?

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  7. Comment suis-je arrivée ici, je ne m’e souviens guère. Toujours est-il qu’après quelques heures de lecture j’en suis arrivée à cet article. Qui date un peu certes, mais auquel je ne peux m’empêcher de répondre … Et pour cause … Celui qui partage ma couette vous répondrait qu’au contraire de ce qui est écrit plus haut, lui a besoin d’aimer pour oser ce genre de pratique qu’il apprécie beaucoup. Parce que le sexe quand il est bon, offre la liberté d’être soi-même. Ou c’est peut-être l’amour qui offre cette possibilité ?
    Et que le sexe décomplexé, chez certains, initie le plaisir. Ou au moins une des formes qu’il revêt.
    Qu’il est trop complexe pour être résumé à : telles pratiques tendent à prouver tels sentiments.
    Non. Parfois le sexe s’affranchit de toute raison. Et grand bien lui fait.
    Bisettes respectueuses.

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