Polyamour mon cul !

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Quand ces neuneus de journaleux découvrent le polyamour, ils se mettent tous à frétiller du popotin et c’est le stylo-bite en érection, le clavier qui s’exalte et la souris surexcitée, qu’ils s’attèlent alors à nous servir des plâtrées de bouillie grumeleuse : « Et si le polyamour était l’avenir du couple ? » titre absurdement Slute.fr, « Et si j’essayais le polyamour ? » s’interroge, toujours dans la question existentielle à deux balles, Psychogogole Magazine pendant que Cosmopolithon nous assène un aussi ferme que niaiseux « Le polyamour, c’est bon pour le moral »
Et tous de se sentir délicieusement subversifs, incroyablement novateurs et surtout très satisfaits de leur connerie.
Comme si polyaimer n’était qu’une question de bonne volonté, comme si savoir l’être aimé dans le lit d’un(e) autre pouvait se gérer cérébralement, froidement en omettant le cri des tripes et des boyaux, comme si nos cœurs, ces grands chevaux sauvages et indomptables faits pour galoper dans les steppes infinies, n’étaient que des petits poneys dociles trottinant dans un manège sombre et moisi.
C’est ça oui, nos équidés cardiaques n’attendent que les instructions dictées par ces stupides torche-culs pour se mettre à frémir.
Aimer n’est pas une tendance ELLE mais une impulsion.
Et si polyamour il doit y avoir, ça ne peut qu’être le fruit d’une collision fortuite.
L’amour est un jeu de hasard et je suis convaincue que lorsqu’il y a une volonté, une planification « Demain j’essaye le polyamour » ce n’est plus tout à fait de l’amour.
Il n’est pas né encore celui qui parviendra à ordonner le tumulte de nos sentiments.
Il n’est pas né non plus, celui qui saura me convaincre du bienfait des amours multiples, celui qui saura raisonner mes instincts de propriété sentimentale, mes peurs et mes failles, et je persiste à croire que le concept « polyamour » vanté et vendu par les médias n’est qu’une vaste mascarade.
Mais encore ? Plus sincèrement ? Pourquoi cette mode m’énerve ?
Réponses comme elles viennent, en vrac.

« Polyamour » rien que le nom me file de l’urticaire.

Mot au passage, que mon correcteur orthographique s’obstine à souligner en rouge comme une trop flagrante incohérence. C’est quoi ce truc inventé de toutes pièces ?
« – Bon les gens, la polygamie, c’est mal et interdit par la loi, le libertinage, c’est trop beauf, il faut qu’on trouve un autre nom et si possible, avec un peu d’amour dedans, parce qu’avec un peu d’amour, ça passe toujours mieux !
– Hmm… Les partouz-cœurs ?
– Non non, ça sonne encore trop DSK !
– Polygamour ?
– Trop Kadhafi !
– Et si on enlevait le point G ? Polyamour ?
(Tous en chœur) : BANCO !! »
C’est purement personnel mais je trouve que ce terme a quelque chose de précieux-prétentieux, sue le désir qui ne s’assume pas totalement. Lèvres pincées, slibard en flammes.
Et à ces snobinards du cul, je préfère bien mieux la franchise du petit libertin camping-cariste du Cap d’Agde qui vit les pulsions de son slip avec sérénité.

Qui sont ces monstres de confiance tranquille ?

On touche là sans doute, une de mes cordes les plus électriques.
Est-ce ma fâcheuse propension à voir la bite mi-molle alors qu’elle est mi-dure ? Pour moi, aimer doublement, triplement, c’est plus prendre le risque de cumuler les emmerdes que le bonheur.
Qui sont ces gens sans peurs ni doutes qui peuvent prétendre polyaimer ou être polyaimés paisiblement, sans succomber à la jalousie ou la venimeuse comparaison ?
Qui sont ces cœurs présomptueux ?
Je regarde autour de moi et hormis quelques rares fanfarons qui fantasment tout haut, s’imaginant dans un jacuzzi entourés de trois bombes atomiques souples et bienveillantes, je ne vois personne, aucun ego suffisamment cuirassé pour pouvoir envisager la chose avec placidité.
Mon homme dans les bras d’une autre, juste d’y penser, j’ai mal au ventre, j’ai l’ego qui flanche et tremblote, les questions qui fusent et qui mordent ; est-ce qu’elle est plus drôle que moi ? Est-ce qu’elle a la peau aussi douce que la mienne ? Est-ce qu’à elle aussi, tu lui fais des papouilles au creux des poignets ? Est-ce qu’à elle aussi, tu dessines avec ton doigt des choses sur son dos qu’elle doit deviner ?
Si tu me dis oui, j’en crèverais.
Je peux comprendre un égarement sexuel mais amoureux, c’est juste inconcevable.
Je m’en cogne des sondages bidons, des études à la con qui jurent que « le polyamour, c’est bon pour le moral » j’écoute seulement les sommations de mes viscères : je ne veux pas partager, j’ai trop la dalle pour des demi-portions.
Et si j’ai peur comme ça, c’est aussi parce que je sais que si c’est moi qui m’en vais chercher des bouts d’amour ailleurs, c’est que tu ne me satisfais plus pleinement. Si je n’ai plus peur de te perdre, c’est que la tendresse et le confort du quotidien ont remplacé la fougue et la passion, c’est que l’admiration que j’ai pour toi se meurt, c’est qu’on devient sans doute un peu trop tièdes, un peu trop sages.
Le polyamour, c’est juste du Xanax contre l’ennui conjugal.

Si le cœur est élastique, le temps lui, ne l’est pas.

Et aimer correctement, c’est consacrer du temps à l’autre.
L’amour est une affaire bien trop sérieuse pour tolérer la dispersion.
Quand on fait les choses bien du moins.
Le polyamour reste à mes yeux, le parfait reflet d’une société vite blasée, l’insatisfaction chronique chevillée au cœur, lâche, elle préfère fuir vers des horizons neufs et bien plus attrayants que s’échiner à rendre son couple plus excitant. Toujours ce maudit choix de la facilité.
On n’aime plus, on like compulsivement.

« J’ai connu tant de femmes dans ma vie, que j’ai pour ainsi dire toujours été seul.
Trop, c’est personne. »
(Romain Gary)
[Pour C.S, tu sais pourquoi]

59 réflexions au sujet de « Polyamour mon cul ! »

  1. Savez-vous pourquoi notre société est devenue monogame? Monogamie prônée par la religion…
    À cause de ça :
    « Et en cas d’enfants? Ça créé un joyeux bordel quand même…

    A à un enfant avec B
    B à a un enfant avec C
    A à un enfant avec D
    C à un enfant avec E et aussi avec F
    D à un enfant avec G »

    Et oui! À partir du moment où l’on a commencé à causer « héritage », royaumes, argent, et autres choses dont on était devenus propriétaires….
    Comme quoi, la propriété, c’est une belle merde finalement…

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  2. Je suis teeeeellement d’accord avec toi! Enfin quelqu’un qui ose dire publiquement que c’est de la connerie. Pour moi, ce sont des libertins qui ne s’assument pas qui ont inventé ce mot, le libertinage ayant une connotation péjorative. Ce n’est pas de l’amour, c’est juste du consumérisme appliqué à l’être humain. Et je ne parle même pas des MST, des enfants, etc.

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  3. J’ai un peu du mal à concevoir comment tu peux expliquer à quiconque quelle est la « bonne » manière d’aimer… Cet article aurait été très valide si tu précisait que c’est ton avis et ta conception des choses (pas la norme ou l’universelle, hello mégalo). Du coup tu te décrédibilise un peu. Je trouve que ton avis est intéressant mais du coup on dirait juste que tu sais pas vraiment de quoi tu parles et que ça te gave qu’on te dise de diversifier ta vie amoureuse > et t’as raison, personne devrait dire aux autres comment vivre ses relations… tu vois ce que je veux dire ?

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  4. Wahou.. Quel manque d’ouverture d’esprit face à un système qui ne vous convient pas.
    Le polyamour ou encore le libertinage ne sont pas le « xanax contre l’ennui conjugal » mais souvent des façons de fonctionner qui se mettent en place des le début de la création du couple.

    Vous pensez qu’il est présomptueux de penser pouvoir aimer plusieurs personnes ou pouvoir être aimer par plusieurs personnes ? Je pense qu’il est présomptueux de penser qu’il est possible de satisfaire et de se satisfaire d’une seule personne toute sa vie que ce soit au niveau émotionnel ou sexuel mais je ne crache pas avec haine sur la monogamie comme vous le faites sur le polyamour.
    Le polyamour comme la monogamie pour qu’il dure doit être construit sur la confiance, la persévérance et le respect.
    Vous êtes visiblement d’une jalousie morbide qui vous empêche de vous projeter dans ce genre de relation, mais on peut vivre le libertinage ou le polyamour en étant jaloux, il faut juste apprendre à gérer ses émotions pour le bien-être de l’autre et mais aussi son propre bien être.

    Pour finir je dirais qu’au contraire d’être présomptueux les polyamoureux et les libertins ont la modestie de reconnaître qu’il ne peuvent se satisfaire d’une seule relation.

    ps: je ne sais pas quel age vous avez mais j’espère que vous n’êtes pas trop jeune pour sortir des sottises du genre « le temps n’est pas élastique ». Car si vous êtes jeune, vous avez la vie devant vous pour faire les choses bien avec plusieurs personnes. Que se soit sentimentalement, sexuellement, ou encore amicalement.

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  5. Beaucoup de caca pour pas grand chose.

    D’un côté, je ne peux que comprendre les attaques contre une presse qui cherche un nouveau fantasme/mode pour vendre plus d’exemplaires — il faut bien vivre — quitte à invisibiliser les personnes réellement concernées et déformer de manière grotesque le sujet ; de l’autre on voit bien que cet article présente tous les écueils d’un mauvais article sur un sujet atypique : mal informé, ne donne pas la parole aux concerné.e.s ni n’écoute leurs témoignages pour se forger une opinion. Tout en présentant son avis comme une généralité, façon « j’aime pas = c’est de la merde ».

    La plupart des commentaires sont bien entendu de ce niveau caniveau. (Pas tous. #notallcom)

    Le poly n’est pas une mode, même si certains feront comme si pour rester dans la hype. Ça n’est pas non plus quelque chose d’universel, certains le sont viscéralement, d’autres sont viscéralement monogames (y compris en connaissant le principe du poly), une bonne partie hésite entre les deux bords.
    Jusqu’à en trouver une nouvelle.

    Foutez-nous donc la paix et respectez nos choix, que nous n’imposons à personne !

    Signé : un polyamoureux, dont la demoiselle a deux amoureux sans que cela ne crée aucun sentiment de jalousie, bien au contraire.
    Je suis ce que je suis, il est ce qu’il est, et nous n’avons pas de raison d’entrer en concurrence. Je sais, c’est difficile à imaginer.

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  6. @Valentine Kaya Cet article ne représente que MON point de vue personnel sur le sujet.
    Je ne vois pas ce qui te laisse croire que j’institue que c’est la norme ou l’universel ?
    Ce papier contient suffisamment de « je » pour le comprendre, non ?

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  7. « …Pour moi, aimer doublement, triplement, c’est plus prendre le risque de cumuler les emmerdes que le bonheur. »
    C’est fort possible. Et il me semble que ceux qui parlent de polyamour en prétendant que c’est parce que c’est plus simple sont à côté de la plaque.
    Le polyamour n’est pas une réponse miracle. C’est une autre façon de vivre son rapport au couple. Et comme toute façon différente, il possède certains avantage sur les autres façon de vivre, mais vient aussi avec son lot de contraintes et de problèmes tout à fait personnels.

    Votre article démontre clairement (même si à mon sens le point juste cité au dessus n’est pas assez simplement mis en avant) qu’il y a… simplement des gens à qui ça convient et d’autres à qui cela ne convient manifestement pas du tout 🙂 .

    ex:
    « …Qui sont ces gens sans peurs ni doutes qui peuvent prétendre polyaimer ou être polyaimés paisiblement, sans succomber à la jalousie ou la venimeuse comparaison ?
    Qui sont ces cœurs présomptueux ? »
    Sans peur, ni doute? Non. Simplement d’autres peurs et d’autres doutes, fort de leur câblage émotionnel interne qui leur fait vivre mieux dans un cadre polyamoureux que dans un cadre monogame.
    Le principal est, dans le respect de chacun, de vivre mieux sa propre existence, n’est-ce pas?…

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  8. Bonjour, je ne peux trouver meilleur article je pense sur la connerie qu’est ce dit « polyamour » .
    C’est quoi ?! La vaseline avant la sodomie d’un coup sec  » ?
    C’est pathétique, ça définit juste le procédé des gens qui sont incapables de choisir une seule personne parce qu’ils ont peur de trop de responsabilité, trop de stabilité. Ces gens qui s’en foutent du mal infligé à l’autre, du coup de poignard que l’on ressent quand on constate qu’on partage la même intimité avec plusieurs personnes différentes.

    Je dis NON.

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  9. Ping : Lettre polie à quelques amis qui se trompent sur l’infidélité

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