Quand le féminisme chavire dans les eaux radicales.

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 Ce billet n’a pas été écrit sous une quelconque contrainte et son contenu n’engage que moi, Lilas Goldo, chromosomes XX
(et ta mère et tes sœurs aussi un peu)

A chacune ou presque de mes publications, je dois essuyer une volée de remarques sous forme de commentaires, de mails, de tweets ou de messages persos, plus ou moins cinglants, plus ou moins violents en provenance d’un mouvement qui a salement tendance à vouloir se propager : le féminisme radical ou les éoliennes enragées.
Le flot de leur rancœur est si dense et obtus que j’ai dû vite me résoudre à abandonner l’idée de répondre personnellement à chacune (chacun parfois) sous peine d’y perdre toute mon énergie, mon temps et ma foi en l’humanité. Et je laisse donc courir.
Cependant, la récurrence, pour ne pas dire l’acharnement, de ces « agressions »  martèle inconsciemment mon être et lorsque je me retrouve devant mon ordi, prête à rédiger un billet, je ne peux m’empêcher d’appréhender leurs réactions à venir, je suis frustrée de ne pouvoir y répondre concrètement et je m’en veux de subir sans rien dire ce harcèlement psychologique.
Qui ne dit mot consent.
Plutôt crever.
Ce papier est pour toi, féministe extrémiste, féministe qui s’est clairement égarée en cours de route, féministe mue par la colère qui n’œuvre non pas pour le respect, la dignité et le droit des femmes mais juste contre la bite.

Je refuse de me plier à ce féminisme qui veut m’ordonner comment penser, m’épiler, baiser ou aimer. 

Crois-tu vraiment que je me casse le cul à m’affranchir des diktats patriarcaux pour venir ensuite lamentablement me jeter dans la gueule, toute aussi béante et tranchante, de ton féminisme despotique ? Féminisme qui me réduit continuellement en victime, en petite chose fragile fatalement manipulée par le Grand Méchant Loup et qui refuse de voir en moi autre chose qu’un utérus sur pattes, un être humain à part entière. Féminisme qui tente de ligaturer ma liberté d’expression en brandissant des pseudo-arguments de culpabilisation. Féminisme qui me ridiculise en prétendant parler au nom de toutes les femmes et dont le discours se résume à un rageur « Je veux être calife à la place du calife ! » discours aussi constructif et perspicace qu’un beau caca nerveux sur le tapis du salon. Féminisme qui m’aboie dessus à longueur de vie : « OSEZ LE CLITO ! » « STOP A L’ÉPILATION ! » « TRIPOTEZ-VOUS ! »
Non, désolée mais je ne souhaite pas m’enrôler dans ton armée de petits soldats à ovaires, j’ai d’autres ambitions que celle de devenir ta chair à canon. Encore désolée mais j’ai la prétention de croire que je suis autre chose qu’un agneau à gros seins. Vraiment désolée mais mon vagin ne fait pas de moi, une pâte à modeler dévouée à tes capricieuses convenances.

Je ne dis pas que le sexisme, les atteintes faites aux femmes n’existent pas, juste que tes armes pour tenter d’y remédier sont si grossièrement affûtées qu’elles finissent par se retourner contre toi et la cause même que tu prétends défendre. 

Bien sûr que les abus de la toute puissance masculine existent même que tu en es, féministe toute pleine de fureur, sa preuve irréfutable, sa plaie sanguinolente qu’on ne saurait pas voir. Au risque de fâcher, je vais dire sans détour ce qui me semble entraver une lutte intelligente : bon nombre d’entre vous souffrent visiblement d’une expérience douloureuse, d’un traumatisme, sont ou ont été victimes, d’une façon ou d’une autre, de cette domination patriarcale et réclament une vengeance avant même une réelle égalité des sexes. Ta seule motivation tangible reste la haine. Mais bordel de merde, on ne construit rien de solide avec la haine, la haine est un ciment friable. La haine t’aveugle, te faisant tomber dans un pathétique mimétisme, te faisant prendre ces armes que sont la force et la violence, les tentatives d’intimidation, ces armes qui ne sont rien d’autres que celles utilisées par ceux-là même que tu accuses. Inconsciente, tu détruis à coups de mots lapidaires, rageurs et bornés des années de lutte pertinente, à coups de pioche, tu creuses chaque jour un peu plus, le fossé de la discorde. En instaurant le non-dialogue et ta pensée unique, tu distilles frustration et colère ou les mamelles nourricières de la guerre, tu ne fais qu’attiser les braises déjà brûlantes du sexisme et les femmes en deviennent ton principal dommage collatéral.
La haine n’est qu’un gage de faiblesse. Trop d’affect nuit aux facultés de discernement, il faut cesser de penser avec ses tripes, le féminisme ne doit pas être une psychothérapie personnelle s’il veut être efficace. Le féminisme ne doit pas être impulsif mais réfléchi. Guéris tes blessures avant de vouloir en faire une cause nationale.

 Je veux croire en une complémentarité équitable des sexes et non pas en une dualité puérile, en un rapport de force vain et usant.

Je veux me battre pour une parité homme/femme non pas pour imposer un pouvoir matriarcal.
Je n’ai pas honte de dire que j’ai besoin des hommes. Tout comme eux ont besoin de moi. Voilà pourquoi je refuse ce féminisme qui veut en faire des ennemis. C’est pas d’une guerre qu’on a besoin mais d’un règlement intérieur qui définisse la place de chacun pour une cohabitation juste et équitable.
Tu dois maintenant admettre une chose, une base ; les femmes n’auront jamais de bite, tout comme les hommes n’enfanteront jamais et l’un ne peut aller sans l’autre. C’est comme ça depuis la nuit des temps, tes sanglots longs n’y pourront rien changer.

Et pour ceux qui s’interrogent encore sur la nature du phénomène que j’incrimine, un article qui illustre à merveille les dérives effrayantes de ce féminisme vicié : « Le vagin n’est pas un organe sexuel. (Pas plus que l’anus ou la bouche). »

@LilasGoldo

Typologie de la baiseuse.

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« Ce soir-là on s’est embrassés sans se parler
Autour de nous, le monde aurait pu s’écrouler
Les yeux cernés, des poussières dans les cheveux
Au long de mes jambes, la caresse du feu »

Les filles et le sexe ; je t’aime. Moi non plus. Encore un peu. Mais pas trop. Je crois que j’ai plus envie. Etc.
Anyway, c’est foutrement compliqué.

A l’heure où l’émancipation sexuelle féminine est indéniablement en marche – évolution tout particulièrement flagrante sur les internets, où les appels bravaches à la bite (et aux followers aussi un peu, ne sois donc pas naïf) sont devenus monnaie courante – tirer un simple coup n’en demeure pas moins une affaire des plus complexes et délicates.
C’est que les humeurs femelles sont versatiles, indécises et oscillent perpétuellement entre envies moites, pudeurs froides et les qu’en-dira-t-on. Dieu traîne encore un peu dans les parages, les filles de petite vertu se meurent de la syphilis et brûlent en enfer, y aura t-il assez de soupe pour nourrir tous ces mioches ? On n’efface pas si facilement des siècles et des siècles de bourrage de crâne et de plombage de culotte, vois-tu.

A l’heure où le sexe s’affiche partout, se vend, se télécharge, se décomplexe, se JacquieMichelise, se braille et se beugle sur tous les murs du ouèb, le désir féminin n’en reste pas moins une géante contradiction, un suant paradoxe, qui va, qui vient, s’abandonne ou pirouette à la dernière seconde. Sans raison concrète. Même moi je me fatigue parfois tu sais, même moi je m’épuise face à tant d’inconstance.

Alors qu’est-ce qui fait qu’une fille finit par foutre ses viscères à l’horizontal et ses jambes à ton cou ?
Qu’est-ce qui transforme la louve farouche en chatte câline ?

A l’heure où les magazines-crétins tentent désespérément de disséquer les rouages de cette science humide, la réponse est somme toute d’une déroutante simplicité : une personne, un instant ou un état d’esprit. Voilà ce qui fait se cambrer et ronronner la tigresse sauvage.
Saisis-ça au vol et aime-la vite et bien avant que les vents ne tournent.

– La meuf pompette.
Ou la baiseuse la plus banalement répandue.

Note bien, j’ai dit « pompette » pas « ivre morte » , ne versons pas dans le sordide je te prie.
On la trouve généralement sur le dancefloor, un verre à la main, tentant un p’tit twerk qui ressemble salement à un jerk foireux. Elle est drôle, elle est fun et follement détendue de la vulve. L’alcool reste le meilleur pote de la désinhibition, je ne t’apprends rien, pas vrai ? Elle te suivra en gloussant, le chignon en vrac et l’haleine vodka-pomme, ratera sans doute la marche pour accéder chez toi ou chez elle, éparpillera ses vêtements dans toutes les pièces (elle a chaud bon sang, ELLE A CHAUD !) avant de s’écrouler sur le lit/canapé/paillasson. Bon ou mauvais coup ? La meuf pompette demeure une roulette russe, pour la simple et bonne raison qu’elle peut être n’importe qui ; ta boss, la caissière de ton Shopi-market, Beyoncé ou moi. L’ivresse bon seigneur, ne discrimine personne. Vos petites affaires conclues, elle peut décider de se lancer dans la confection de crêpes (elle a faim bon sang, ELLE A FAIM !) s’endormir en ronflant bruyamment ou reprendre soudainement conscience qu’elle a un mec qui l’attend à la maison et que même, ils se marient la semaine prochaine. Rhalala, ces petits « égarements » fâcheux du quotidien.

– L’amoureuse.
Ou le jackpot si si. 

Aujourd’hui, c’est la grande mode de jouer la désinvolture, « faire l’amour » est devenu ringard et il est limite honteux d’avouer ses sentiments profonds pour quelqu’un mais j’ai pas peur de l’affirmer haut et fort, baiser avec amour reste le plus puissant des aphrodisiaques, signe les copulations les plus électriques.
Je ne dis pas que tu t’apprêtes à troncher la future mère de tes enfants et qu’elle t’aimera toute la vie hein juste qu’elle t’aimera d’un amour pur et sincère au moins le temps d’un coït, qu’elle mettra ce que jamais Sasha Grey ou Katsuni ne feront, du cœur à l’ouvrage. Et juste ça, c’est magnifique.
Avant que tu ne tombes le calbute, elle aura pris le temps d’aimer tes mains et tes poignets, ces mots qui s’enrouent dans ta gorge et tes dents bien rangées. Ou ces petits détails qui font si délicieusement languir le putch qui palpite entre vos cuisses. Elle fera bander ton cœur et ton slip, branlera avec doigté ton ego pour mieux faire cracher ta frétille, te léchera avec gourmandise, te mangera avec voracité, t’avalera avec enthousiasme sans épargner un centimètre carré de ta peau jusqu’au Game Ovaires.

– Celle qui suce pour qu’on l’aime.
Ou le syndrome de Tennessee : le cœur en fièvre et le string démoli. 

C’est une histoire un peu triste, celle d’une fille qui cherche frénétiquement un peu de tendresse, qui a faim d’amour et d’attention surtout et qui n’a rien trouvé de mieux pour ce faire que de brader sa chatte. Elle écume tous les sites de rencontres, les bars et les night-clubs de la ville, les supermarchés ou les jardins publics, l’âme amoché et le cœur aux abois. Elle n’a pas froid aux yeux, n’a peur de rien. Que d’elle-même. Et pour ne pas s’endormir toute seule, elle offrira son cul au premier venu, se fera sauter vite fait mal fait, sans grande conviction, engloutira sans se faire prier la bite de Pierre-Paul-Jacques dans les chiottes glauques d’un PMU, auto-convaincue que tout ça n’est que de l’amour en jus. Enrobée de désespérance et d’attentes virulentes, elle en effraiera plus d’un qui, les couilles une fois vidées, s’empresseront de fuir, de l’oublier ou, pour les plus goujats d’entre eux, de refiler son 06 au pote en galère de baise. Conquête un peu trop facile pour être franchement glorieuse, elle se pose malgré elle, en proie des demi-molles, en trophée des queues tièdes et reste une offense cinglante au féminisme, à la dignité, au respect de soi. Comment considérer, estimer, une fille qui s’aime si mal ?
C’est une histoire triste, je te l’avais dit.

– La jouisseuse 
Ou « Tape dans l’fond, j’suis pas ta mère ! »

Elle va les chakras béants, les conventions, la bienséance, elles s’en est tricotées une grande écharpe qui traîne nonchalamment par terre. Elle rigole fort, fume des joints et bien qu’elle soit fille de profs boit des binouzes Lidl sans s’en formaliser. Elle traîne dans les vernissages underground ou les concerts de rock alternatif et baise la société toute entière avec exaltation. Toi aussi elle te baisera avec effusion, à grand renfort de grognements et de râles gutturaux, t’indiquera sans chichi ce qu’elle veut, ce qu’elle attend de ta queue, de tes doigts ou ta langue. Elle assume totalement ses pets de fouf’ et son non-rendez-vous chez l’esthéticienne, le conformisme, elle s’assoit dessus en Andromaque. Bien dans son corps, bien dans sa tête, elle orgasme sa vie par tous les bouts sans se laisser parasiter par la peur ou les doutes. Cette meuf n’est rien d’autre en somme qu’un gigantesque point G sur pattes.

– Celle qui nique par vengeance. 
Ou ces vagins qui en appellent à la vendetta. (J’avais déjà parlé de ce cas de figure ici.) 

Fraîchement larguée ou récemment cocue, elle a la revanche qui hurle en elle : ce fils de catin va payer. ET CHER. T’as bien compris, c’est la fureur qui lui échauffe l’entrejambe. Elle a revêtu sa jupe la plus mini et son haut le plus affriolant pour ne pas te rater, toi, la bite qui lui servira d’exutoire. Tu ne poireauteras pas bien longtemps avec elle, le feu de la colère la propulse tête baissée au fond de ton plumard. Elle niquera avec rage bien plus que tendresse avant d’éclater en larmes au moment de l’orgasme. Tu auras sûrement droit ensuite au récit de ses peines, de cet ex qui refuse de cicatriser et l’éternelle rengaine deces-mecs-tous-des-lâches. Elle ne dormira pas avec toi parce que son chat l’attend et repartira avant que le jour ne se lève, un semblant d’honneur retrouvé mais le cœur toujours autant cabossé. Faut qu’elle se dépêche d’aller propager le scoop de vos étreintes, sa riposte. La vengeance est un plat triste qui se mange gluant.

Je laisse le mot de la fin à Colette : « Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme. »

@LilasGoldo

Plaidoyer pour une bitch.

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Dans un sud aride et rugueux, perdu entre une route nationale et une voie ferrée, il existe un vieil établissement qui permet le repos aux valeureux routiers. Rien de bien pimpant tu sais, juste un parking où le vent soulève la poussière et fait claquer des cordes à linge qui ploient sous les torchons, trois poubelles qui dégueulent tranquillement sous un soleil de plomb et une bâtisse, guère plus reluisante, où se trouve une grande salle jonchée de tables poisseuses et bancales et des ventilos qui tournent sans relâche pour tenter d’éparpiller les mouches et l’air brûlant. Au fond, en se penchant un peu, on peut apercevoir, sous la lumière crue des néons, une cuisine souffreteuse et un long couloir sombre qui mène vers une poignée de chambres aux draps plus que douteux. Le temps s’y est arrêté, dans ma mémoire du moins, à cette heure bâtarde qui n’est plus vraiment la fin d’après-midi, ni encore le début de soirée, à cette heure sournoise où l’ennui te colle à la peau avec des vieux relents amers.

Un train passe.

C’est dans cet endroit charmant qu’officie Jenny Bitch. Elle y astique le comptoir mais pas queue, y sert aussi les menus du jour et les pintes de bière, prête une oreille bienveillante au vague à l’âme du camionneur. Jenny Bitch, petite perle de pacotille, abîme ses 20 ans et s’applique à rater sa vie dans ce no woman’s land.

Elle est mignonnette cette Jenny Bitch, même si elle déborde allègrement dans la vulgarité, même si elle parle un peu trop fort. On en connait tous des comme elle, le coeur taille 90D et le soutif qui implore à l’aide, le rouge à lèvre agressif et le rire qui n’en finit plus de glousser stupidement. Fille facile, qu’ils disent, sans vouloir comprendre qu’elle ne tapine rien d’autre qu’un peu d’amour et d’attention. Ils l’aimeront, oui, brutalement sur le capot d’une vieille Clio avant de reprendre la route en la laissant les cuisses visqueuses, un peu sonnée. Elle clame à qui veut l’entendre qu’elle est libre et affranchie, jure que c’est elle qui mène la danse. Je n’en suis pas vraiment convaincue. Après avoir remis un peu d’ordre dans ses chiffons Pimkie, elle s’allumera une cigarette sur le parking désert, les yeux rivés sur des horizons qui peinent à s’éclaircir, des horizons qui parlent d’un homme qui s’endort dans ses bras, de bébé et de cuisine Mobalpa. Jenny Bitch prise au piège d’une fausse frivolité et de sa mini-jupe.

Un train passe.

Y a pourtant bien un petit gars qui pourrait faire l’affaire, un petit gars qui a mal au bide, qui a besoin d’amour et qui vient s’user les coudes et le foie au comptoir presque tous les soirs. Mais dans ce trou paumé, il semblerait que dieu bédave de la moquette pas fraîche et que le hasard soit tire-aux-flanc. Les étoiles filantes, laissées à l’abandon, s’imbibent de mauvaise vinasse et les trajectoires devenues trop chaotiques pour pouvoir se percuter convenablement, ne font que se frôler sans jamais s’accrocher.

Je crois qu’on a tous en nous, un peu de Jenny Bitch. Cette difficulté à foutre son coeur à poil, ce mal à se comprendre, se faire comprendre, cette peur d’aimer sans retenue, ces maladresses et ces mots qui n’viennent pas. Dans ce monde sec aux coins pointus, pensant se protéger, on érige des barrières qui ne seront rien d’autre que les murs de nos solitudes. Les robes sont peut-être légères et les culottes badines, il n’en demeure pas moins que les vrais sentiments restent englués dans la pudeur. C’est chiant hein ? Allez hop, on fait passer un train.

@LilasGoldo

L’éjaculation faciale n’est-elle réservée qu’aux tromblons ?

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Je pose la question.
Mais en vrai, j’ai déjà ma réponse.
Et j’ai bien conscience, qu’elle risque de ne pas faire plaisir à tout le monde.
Enfin bon, je ne suis pas là pour te sucer dans le sens du poil, ni pour devenir ta meilleure pote, on va donc arrêter les papouilles dans le dos et touiller un peu dans le sujet qui fâche. Aujourd’hui, plus que le plaisir subtil d’un pouce bien mis, j’ai surtout furieusement envie de malmener quelques tabous.
Mes supputasseries s’appuient sur du concret, du vécu, mais aussi sur un solide sondage effectué sur un large panel de 53 kilos : moi. Elles sont donc, bien évidemment, irréfragables.

La première fois que j’ai entendu parler d’éjaculation faciale, je devais avoir 15 ans genre. A cette époque, j’avais une bonne copine, très sympa mais aussi très ingrate ; courte sur pattes, le cul qui frôle dangereusement le bitume, des tous petits pieds, des toutes petites mains, un tronc anormalement allongé et posée sur tout ça, une large face en permanence hilare, les narines dilatées, les yeux excessivement écarquillés. Une sorte de petit poney magique, en somme. Cependant, aussi étrange que cela puisse paraître, cette meuf était chaude comme une baraque à frites et enchaînait les mecs, les uns derrière les autres. Tu sais, y en a toujours des comme ça chez les ados, des vilaines qui n’ont pas froid aux yeux, des cageots qui ont compris qu’elles avaient plutôt tout intérêt à agir vite avant que la concurrence ne soit trop rude et le marché totalement saturé. Prêtes à tout pour se caser, elles tombent la culotte sans rechigner et ce, pour le plus grand bonheur de jeunes puceaux en proie au chaos hormonal. Bref, revenons à notre petit poney fougueux. Lundi matin, au fond d’une salle de classe, elle et moi nous faisons le compte-rendu de nos week-ends respectifs et alors que je venais à peine de finir de lui narrer la fête formidable donnée en l’honneur des 80 ans de ma mamie, voilà t-il pas qu’elle m’annonce, droit au but : « j’ai niqué avec Fred samedi soir. » Il faut savoir que Fred, pâle copie de Johnny Depp, est LA bombe atomique du bahut, LE mec que toute meuf vaginalement constituée rêve de fourrer dans son plumard et le gredin ne se prive pas de tirer sur tout c’qui bouge. Elle ne m’a épargné aucun détail de cette baise scabreuse, je me rappelle encore de ses chuchotements gluants, du tippex qu’elle s’était foutu par inadvertance sur le menton et ma difficulté à réprimer un frisson de répulsion quand est arrivé le bouquet final de son récit : Cum on her face. J’ai rien trouvé de mieux à lui répondre qu’un pragmatique : « Mais mais… sur tes lunettes ?? »

Les mois ont passé, moult bites nouvelles ont défilé entre les cuisses de ma pote bouillante et ma passion pour 21 Jump Street aidant, j’ai fini par céder aux avances patientes et enfiévrées du geyser fou, DU FAMEUX FRED. Autant te dire tout de suite qu’avec moi, ça n’a pas vraiment été la même ; j’avais la culotte solidement arrimée et je suis restée inflexible face à mon sacro-saint principe « pas avant 16 ans. » Il a attendu presqu’un an. On peut être vraiment crétin quand on est amoureux, tu sais. Un jour n’y tenant plus, nous avions alors (enfin) une vie sexuelle épanouie et des discussions sans tabou, il m’a fallu remettre sur le tapis l’anecdote de la giclée faciale infligée à petit poney magique. Il ne s’en souvenait même plus cet enculé, « Rhoo ça va, j’étais bourré » m’a t-il expliqué, impassible. J’ai pas lâché l’affaire, je voulais savoir, je voulais comprendre, je suis une meuf quoi. « Mais à moi, tu me le ferais ça ? T’aurais envie de me le faire ? » j’ai demandé. Il s’est alors subitement redressé, a planté ses yeux dans les miens et m’a répondu « je ne pourrai jamais faire ça sur ton joli visage ». Note cette façon subtile de s’envoyer des pots de géraniums mais pourtant je n’invente rien, c’est mot pour mot ce qu’il m’a dit.

Quelques années plus tard, j’ai rencontré un autre gars -je parle ici de mes histoires de coeur hein- on était jeunes, on était cons, on s’est mariés. Et l’inévitable question de l’éjac’ faciale a refait son apparition. Je ne me souviens plus trop des circonstances, juste que nous venions de voir sur internet la vidéo d’une meuf, la gueule dégoulinante de foutre. J’ai réitéré : « Tu voudrais pas m’le faire, ça ? » il s’est lentement tourné vers moi, m’a regardée comme si je lui avais demandé l’autorisation de lécher les couilles de son meilleur pote et il m’a répondu, au bord du malaise vagal : « Mais ça va pas ? T’es ma femme, je te respecte ! » Et pourtant, c’était pas un frileux de la bite, crois-moi.

Aujourd’hui, toujours pucelle de la che-tron et forte de l’enseignement des burnes qui ont traversé ma vie, je m’interroge : y a t-il des gueules qui « méritent » plus que d’autres le crachat des trompettes ?

Soyons objectifs, j’écris ce billet avec mes neurones et non pas ma vulve énervée, se prendre un vieux fond de Yop en pleine figure n’a rien de bien jouissif pour la dite figure. J’entends déjà les grognements au loin « et donner du plaisir à l’autre, tu sais c’que ça veut dire, sale égoïste ?! » Oui bien sûr et je sais sucer et avaler par altruisme amoureux, par exemple. Derrière la pipe, il y a quelqu’un d’actif, la volonté d’une personne à part entière d’amener l’autre à l’orgasme (dans le meilleur des cas) la pipe se fait à deux alors que l’éjaculation faciale ne requiert qu’un simple « support ». Tu la saisies la nuance ? Tu peux cum shoter ta meuf ou ta table de chevet IKEA, c’est toujours un peu la même histoire.

Par ailleurs, et là je parle en toute sincérité, je ne fais pas partie de ces meufs qui se sentent obligées de se fabriquer une image de chagasse décomplexée pour attirer l’attention, je ne peux m’empêcher de voir dans le ravalement de façade séminal, un désir sous-jacent d’humiliation. Je ne m’explique pas très bien cette impression fugace mais persistante, je constate juste qu’une éjaculation sur le rebondi d’une paire de fesses, une poitrine, un ventre ou le fond d’une gorge ne me pose pas d’problème, sur un visage, si. Va t-en savoir pourquoi.

Alors, dis-je tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ou suis-je juste une psychorigide de la culotte, une chaudière moralisatrice, dans ce monde si cool, tellement détendu du gland et du clito ? On peut en débattre jusqu’à c’que mort s’ensuive, si tu veux.

Et juste une petite chose pour finir, moi après une bonne baise, j’ai beaucoup d’envies ; recommencer, fumer une clope, bouffer un truc ou dormir mais sûrement pas celle d’aller me laver les cheveux. 

@LilasGoldo

Les gros seins, aimants à machos ?

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Je voulais ici rebondir sur l’article de la vive et pétillante @Cabanong « Avoir des gros seins, nous condamne t-il à ne tomber que sur des gros cons ? » qui elle-même réagit à une récente étude de l’Université de Westminster décrétant que les aficionados de big boobs seraient bien plus enclins que les autres à verser dans le sexisme.

Cette étude s’appuie sur le « témoignage » de 361 bites masculines, à qui, on a tout d’abord demandé de choisir parmi cinq photos de femmes en 3D, le modèle le plus physiquement attirant puis auxquelles, on a ensuite soumis un questionnaire portant sur leur attitude envers la gent féminine et leur objectivation sexuelle. Et c’est là que le dramatique lien survient : plus le gars kiffe les gros seins, plus son comportement à l’encontre de leur propriétaire serait machiste. Bah voilà, les carottes sont cuites et les goujats cernés.

Mais tout le monde n’est pas d’accord. Cabanong, qui n’est pas une blogueuse de mode mais qui a des gros seins, objecte : « Mais ces photos, ne restent qu’images figées, dénuées de parole. Recommençons donc cette expérience, en proposant aux 361 mêmes hommes de rencontrer des femmes, des vraies, dotées de la parole (… ) Obligeons ces hommes à passer ne serait-ce qu’une heure en leur bonne compagnie, laissant agir charme et autres civilités. Êtes-vous assurés messieurs les chercheurs de l’université de Westminster, que lesdits machos choisiront incessamment les femmes aux gorges les plus prononcées ? Je n’en suis pas certaine. »

Et sur ce coup là biquette, je ne te suis pas. Sortons les bacs à boue et débattons joyeusement. Procédons dans l’ordre et posons-nous les bonnes questions : Que se passe t-il dans la tête d’un homme à la vue d’une généreuse poitrine ?

Dans notre société actuelle, fortement dominée par les apparences physiques, le sein reste un des éléments distinctifs féminins les plus puissants ; il est donc logique qu’au passage d’une paire d’obus tapageurs, le doute n’étant plus permis, la première case qui va s’allumer dans le cerveau de nos amis les hommes, c’est un gyrophare qui hurle « FEMELLE A L’HORIZON, FEMELLE A L’HORIZON !! » Branle-bas de combat dans tous les calbuts du Macumba, tout le monde se met au garde à vous, prêt à bondir sur la potentielle proie. Et bien évidemment, plus le décolleté est profondément insolent, plus le signal est fort -presqu’un appel- plus les compteurs s’affolent, plus la lutte s’annonce âpre. On sait qu’il ne faut pas grand chose à l’homme pour réveiller ses bons vieux réflexes de Cro-Magnon. Qui dit « femelle dans les parages » insinue la possibilité d’un éventuel coït et ce, dans l’unique et honorable but, d’assurer sa descendance, bien entendu.

Puis une seconde case va se mettre à clignoter, bien plus tendrement celle-là. Dans de paisibles effluves de talc et Blédina, elle fredonne une berceuse qui dit « Fais dodo t’auras du lolo… » J’ai 6 mois, le nez collé sur le sein gigantesque de maman, c’est doux, c’est chaud, c’est moelleux et je remplis avidemment mon petit ventre jusqu’alors affamé. Et dans l’inconscient du petit nourrisson de 36 ans, gros rime avec abondance. « Voilà qui nourrira plus que convenablement ma future progéniture » se dit-il, tout plein de sage pragmatisme.

En conclusion, l’homme irrésistiblement attiré par les grosses loches, a une vision de la femme qui se résume en deux mots : niquer et bouffer. Crois-tu vraiment, chère Cabanong, que cet homme déjà fort occupé à la survie de notre espèce (ce qui est loin d’être une mince tâche, convenons-en) est tout disposé à écouter nos jérémiades ? Penses-tu sincèrement que les fans de Pamela Anderson l’idolâtrent pour sa brillante filmographie et la pertinence de ses paroles ? Je vais te le dire en toute franchise, moi : l’amoureux de gros nichons n’a pas besoin d’une heure de tête à tête pour faire son choix entre Adriana Karembeu ou Charlotte Gainsbourg. J’en suis certaine et c’est mon dernier mot.

Maintenant, rassurons-nous, la plupart des hommes s’adressent tout d’abord à une femme, à une personne à part entière, avant de s’intéresser à ses nibards. Et c’est là, que je tiens à souligner la grande perspicacité du twitto ayant répondu à ta question « sommes-nous condamnées à ne tomber que sur des gros cons ? » par un lucide « Si tu te sers de tes boobs pour draguer, effectivement. » Si tu te « vends » comme étant une paire de gros seins sur pattes, il est évident que tu ne vas pas susciter chez les mecs un désir fou de grandes discussions métaphilosophiques, tu t’en doutes bien. Tout comme le gars blindé de pognon et affichant bruyamment sa réussite a de grandes chances de s’attirer un bon paquet de meufs vénales : même logique. Notons bien la nuance : ce ne sont pas les gros seins qui aimantent les machos mais les bécasses à gros seins. Que ça soit toi et ton 95C qui décidez d’opter pour le push-up et décolleté vertigineux ou moi et mon 90B qui choisissons le dos-nu sans soutif, en meufs un minimum aguerries aux techniques de séduction, on sait parfaitement à quel petit jeu on joue, ce qu’on sème et ce qu’on va récolter, n’est-ce pas ? On n’est pas des pintades naïves. Je voudrais profiter de ce billet pour dénoncer ici, la fausse ingénuité ( ou bêtise ?) de certaines filles dotées de petits ou big boobs, peu importe, l’échancrure du col qui frôle l’élastique de la culotte, qui s’exaspèrent avec une hypocrite candeur « taiiiin, il m’a maté les seins toute la soirée ! » Arrêtez de nous faire passer pour des quiches ; si tu vas, tout attribut mammaire bien mis en évidence, tu participes sciemment à la parade nuptiale. Voilà, c’est tout, c’est comme ça, c’est la nature humaine et tes larmes de crocodile n’y pourront rien changer. Pour finir, Mesdames Mesdemoiselles, ne subissez plus vos (gros) seins, mettez-les en scène ou en coulisses mais jouez la finement et intelligemment selon les conditions et devenez maîtresse de votre destinée. Tout n’est qu’une question d’attitude et non pas de bonnets. C’est pas plus compliqué que ça, nom d’une pipe baveuse.

@LilasGoldo

Mon cœur mon amour, encore un peu de cyanure ?

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« Pourtant chacun tue ce qu’il aime »

Par un chaud début d’après-midi estival, alors que nous étions une bruyante tablée, entre café et pastèques, Valérie, 42 ans,  s’adressant à son mari, Alain, 48 ans : « Allez mon grand, on y va, je vais te mettre à la sieste ! » Et crois-moi, ça sentait pas vraiment, la sieste crapuleuse. Juste un flagrant délit de maternage abusif. Un de plus. Alain, qui s’était déjà fait priver de café arrosé, sans broncher mot, quelques instants auparavant,  s’est levé docilement pour suivre sa maternal-girl. Alain est un homme mort depuis longtemps testostéronnement parlant. Cette bien triste anecdote m’a fortement marquée. J’ai alors commencé à regarder, avec une attention toute particulière, les couples et leurs fonctionnements autour de moi. Et comme je suis une fille joyeusement désabusée, je me suis appliquée à n’en retenir que les naufrages, les silences qui pèsent trois tonnes, l’érosion du désir, l’insidieux ennui qui gangrène les cœurs. Trop de questions se livrent  à une bataille sans trêve, en mon for intérieur : Pourquoi faut-il que, presque toujours, le temps rogne les chairs tendres de l’amour ? Qui sont ces carcasses, qui vont deux par deux, plus ou moins atteintes d’ostéoporose ? A qui sont ces lits où l’envie s’effrite ? Et surtout, SURTOUT : pourquoi persiste-t-on à vouloir vivre en couple ?

Paul & Violette.

Ils se sont amourachés, un soir de printemps, lors d’une fête étudiante, sombre et enfumée, sur fond de musique  qui raye les tympans. C’est toujours un peu étrange d’imaginer que, deux petits êtres qui n’ont pas même eu l’audace d’être franchement vilains, juste d’une banalité qui frise la transparence,  puissent, mutuellement, se REPÉRER. Elle a vu ET kiffé cette grande tranche de melon maladroite. Il a remarqué ET aimé cette petite bonne femme resplendissante de pas grand-chose. Bref, au milieu de la foule, leurs regards se sont croisés et, instantanément, à l’unisson, leurs cœurs se sont mis à battre.

Marteau-picoeur.

Abordage.

Jambes-Parkinson.

Mains moites et hésitantes.

Déglutition pénible.

Conversation quelque peu poussive.

Et là, incroyable découverte : ils sont tous les deux de signes astrologiques marins !! Paul est blobfish ascendant nounours. Violette est thon ascendante mante religieuse. Coïncidence…? [ACHTUNG ! L’état amoureux a, allègrement, tendance à faire proliférer ces coïncidences totalement tirées par le chignon. Ndlr.] Aidées par l‘alcool, les langues se sont déliées en de très sportifs galochages et, c’est emmêlés comme des tagliatelles qu’ils ont fini par quitter la soirée. Si seulement ces flammes, qui lèchent l’intérieur de tes cuisses, excitant le feu de tes entrailles, pouvaient durer toujours. Le lendemain, c’est des étoiles plein les cheveux, qu’ils ont décidé de ne plus jamais se séparer, de se METTRE EN MÉNAGE. [Là, y a Luc du 23-34, qui tient à la ramener : Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font, dit-il, d’un air absolument désespéré.]

Entre une virée chez IKEA et des culbutes aussi impromptues qu’urgentes, un été chaud et orageux s’est installé. Électricité dans l’air. Comme tout être, un minimum civilisé, (doux clin d’œil à mes sœurs, en passant)  Paul et Violette possèdent, chacun, un compte Facebook. Et aussi improbable que cela puisse paraître, Monsieur a réussi à se persuader que toute bite passant dans les parages ne peut avoir d’autre ambition que celle de sauter son ½ cageot, pendant que Madame se tricote une jalousie des plus virulentes en lorgnant les photos de Petite Loutre du 31. Afin d’apaiser toutes ces tensions, la création d’un compte commun et unique (ou « compte-siamois ») est unanimement décidée : « PépèreEtPitchoune Grokiff » is born. Mais ce que les tourtereaux ignorent, c’est que le ver sournois a déjà commencé son sinistre travail à l’intérieur de leur petite pomme d’amour.

Après la fusion et l’osmose, voici venu le temps de la perpétuelle et usante confrontation. Repas du soir ou choix du programme télé, la moindre futilité est prétexte à des affrontements sans répit. Et le tout, bien souvent, sous l’œil embarrassé d’un entourage qu’ils n’hésitent pas à prendre en otage . « Dis-lui que c’est MOI qui ai raison, dis-lui ! » Le malaise fait rage. Ne subsiste plus que, faiblement, leur passion commune : Brico Dépôt, le samedi après-midi.

En septembre, l’indifférence se ramasse à la pelle. Aux guéguerres se succède la lassitude. (chienne fidèle) Paul et Violette sont au restaurant; ils fêtent leurs noces de PQ et vivent ce tête à tête comme une véritable corvée ponctuée de vide. Ils réussissent l’exploit fou, d’un repas tout entier sans décrocher un mot, sans un regard, sans une main qui se perd sous la table. Inutile de préciser, qu’ils sont aux frontières de la tragédie grecque. Ils se sont laissés engloutir par le quotidien et, en amour, le train-train est une pute corrosive. Les nuits sont redevenues à but réparateur et les réveils sont sans surprise. Violette vit la lunette des chiottes relevée, comme une véritable provocation. Paul vit la culotte de Violette, qui traîne dans la salle de bain, comme une tentative de viol de son intimité. C’est officiel : ils ne peuvent plus se sacquer.

Par un frileux petit matin où l’hiver avait neigé tout son mépris, la minuscule étincelle d’admiration qui vivotait encore dans les yeux de Violette s’est subitement court-circuitée. Pendant qu’au même instant, Paul se faisait cette surprenante remarque : « Tiens, Violette a la fesse molle. » Parce que le temps salaud est le meilleur remède contre la cataracte du cœur. Les histoires d’amour finissent mal, en général.

@LilasGoldo

Y a pas de sentiments, que des centimètres.

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Toute ressemblance avec des faits réels ne serait absolument pas, pure et fortuite coïncidence. Tous ces petits billets d’amour cités ci-dessous ont, bel et bien, atterri, un beau matin ou dans la torpeur d’une nuit sans sommeil, au fond de ma boîte à lettres virtuelle.
Le Monde change.
Les techniques de drague aussi.
Jetons-y un oeil, tiens.

– Le Vieux Fringant :

« RE:SUIS DU CANADA,62 ANS TU ES TRES BELLE ET TU ME FAIS FAIRE DE LA CHALEUR.PEUT-TU VENIR SUR CAMERA ET ON POURRAIS AVOIR DU PLAISIR MARCO1 A MSN.COM J,ATTEND SINON MERCI BYEBYE MARC »

=> Ce que je n’ai pas répondu :
Coucou ! Et la prostate, comment va-t-elle ?

62 piges et visiblement quelques petits soucis de presbytie qui n’entament en rien sa bonne humeur. Vieux volcan, soudainement en érection éruption, c’est via les nouvelles technologies que le Vieux Fringant se décide à arroser le monde de sa lave généreuse. Rejeton de la génération Viagra, c’est le slip tout frétillant,  le pacemaker en émoi, qu’il s’en va tester sa nouvelle machine de guerre sur les sinueux mais Ô combien excitants, chemins de la toile. Combien de folles d’âmes charitables s’infligeront le désolant spectacle de la résurrection d’une nouille sexagénaire…? Franchement, j’aimerai bien le savoir.

– Le Ptit Panda :

« Coucou toi! Chui un ptit panda abandonné, tu veux pas m’adopté??? Chui triste, pourquoi tu répond pô? »  ( + smiley qui chiale. NDLR)

=> Ce que je n’ai pas répondu :
Est-ce que j’ai une gueule de zoophile ? EST-CE QUE J’AI UNE GUEULE DE ZOOPHILE ??!

Le Ptit Panda est un super-loser qui traîne derrière lui une encombrante carriole, pleine à ras bord de complexes d’Oedipe foireux, de rêves castrés et de syndrômes de Peter Pan. Et, solidement juchée sur tout ce bordel : sa despotique Génitrice. Ptit Panda n’a qu’une ambition dans la vie : envahir ton living, squatter ton sofa et bouffer tes Special K en poussant des petits bruits plaintifs et geignards. Contre toute attente, et malgré l’important dispositif de « trop-mignoncitées » mis en place, Ptit Panda ne suscite qu’une douce envie : celle de lui latter violemment la gueule. Next.

– Le « Est-ce que tu veux bien caresser ma jambe de bois ? » :

« Cc j’ai la mucoviscidose et je m’appelle aussi Gregory aussi tu veut pas discuter avec moi ? »

=> Ce que je n’ai pas répondu :
Non.

J’aime pas trop le chantage affectif. Et ENCORE MOINS Gregory Lemarchal.

– Le fini à la pisse :

« salu ge si david »

=> Ce que je n’ai pas répondu :
Mdr.

Désolée David, je n’ai pas su prendre le temps de déchiffrer ta langue, de découvrir ton monde où jamais l’illettrisme n’y brise les élans du cœur. Peut-être, aurions-nous conversé à lol rompus ? J’aurais finalement succombé au charme de tes simleys fripons. On se serait rencardés dans une quelconque fête foraine. Partager une barba papa. Flirter avec l’insouciance. Tomber, sans résistance, in love. Les premiers mois d’émoi passés, on aurait sauté le grand pas d’un crédit Sofinco, d’une golden carte chez But et hop, mise en route d’une tripotée de gosses, qu’on aurait faits grandir à coups de téloche, de malbouffe et de beaucoup d’amour. Tout ça, sans jamais trop s’poser de questions. Avec toi, j’aurais appris à bannir les Pourquoi qui tourmentent mon existence. Et c’est peut-être comme ça, qu’on devient heureux.

– Le coincé aux entournures :

« J’espère que vous prendrez la mesure de l’événement: c’est mon premier poke! Ces jambes vous appartiennent-elles? Elles sont magnifiques (et ne m’obligez pas à surenchérir dans les mots parce que vous les trouveriez sans vigueurs). La photographie en pénombre est véritablement superbe. L’éphélide sur votre peau et le beau visage et la pose m’ont arraché un pathétique cri – un cri d’une soudaineté qui manifeste l’envie et un cri de douleur à cause de l’invraisemblance d’une rencontre – Vous êtes manifestement d’une extraordinaire beauté. Comment peut-on être si belles? Je veux dire pour que la vie ne détériore pas une splendeur que fait-on dans l’existence, quoditiennement? Des acrobaties? Du cheval? (…) Il est 2h45. C’est tard pour un employé de mairie mais il est encore bien tôt pour un insomniaque. Il n’y a que votre photo que j’avais envie de revoir dans cette nuit d’écriture, de lecture et d’errances… Tout ceci pour dire qu’ayant revu cette photo j’ai fait une chose inhabituelle et très inconvenante: j’ai débouché une bouteille de Tariquet 2010 classic. Le vin est très frais, il soulage. A la votre! »

=> Ce que je n’ai pas répondu :
Kikoo !!! Tu veux voir ma chatte ??!

Le coincé aux entournures ne connaît pas Uporn. Ni Traci Lords. A mon avis, ça le ferait moyennement triper de mater Lost au pieu, en bouffant des pizzas, et en goulotant du Coca pas 0. (re-pathétique petit cri offusqué) Le coincé aux entournures, il cause avec du mot précieux et de la vouvoyure dedans. J’éprouve toujours une sensation bizarre en sachant qu’un inconnu, quelque part, s’use les yeux sur ma tofil, et donc, par extension logique, sur ma petite personne ; d’un côté ça clignote « Faites entrer l’accusé » et de l’autre, j’ai la curiosité qui gratte. A celui-là, je lui ai répondu. Une connerie. Mais une connerie fraîche et sympathique hein. Et sans même pas sortir mon stylo-bite. Immédiatement, sa réponse a fusé, un brin paternalo-prout-prout : « Savez-vous pourquoi vous auriez tendance à basculer dans la vulgarité? Les mots du commun vous semblent-ils trop fades? Insincères? Ils manquent de force et de vigueur? » … Là, j’ai compris qu’avec lui, ça devait pas péter au lit tous les jours. Et pis j’ai repensé à ce que disait ma copine Debbie « le prince charmant, il a beau porter des chemises en soie sauvage et des chausses brodées d’or, il pue toujours un peu des pieds » Donc pas la peine de faire le snobinard hein. Je lui ai renvoyé son poke, avec VIGUEUR et j’ai refermé la fenêtre. (en prenant grand soin de ne pas y coincer ma natte d’or.)

Et puis parfois, dans ce fatras d’excités du gland, d’âmes égarées et autres illuminés, une étincelle, une flamme singulière. Une conversation qui décolle, qui s’envole gracieusement. Toi-même, tu sais pas bien pourquoi. Juste que tu t’es laissé prendre au jeu qu’ordinairement, tu railles sans vergogne.

@LilasGoldo