HUMOUR : Si les hommes pouvaient tomber en cloque.

 

bebe chat

Il est bien connu de tous que l’homme chasse au péril de sa vie, des sangliers dans la savane pendant que la femme alanguie devant sa coiffeuse, peigne sa longue et belle chevelure en chantonnant du Jean-Jacques Goldman.
Là-bas, tout est neuf et tout est sauvage, libre continent sans grillage…
Et mon cul, c’est du poulet mariné à la basquaise.
(y a des tempêtes et des naufrages...)
Alors qu’un repas entre femmes ministres se transforme irrémédiablement en « dîner entre copines », alors que les femelles restent d’incorrigibles pipelettes frivoles obnubilées par leur brushing, alors que le monde ne tourne que grâce à la puissance des biceps masculins, j’avais envie de nous confectionner une petite sucrerie à laisser fondre sous la langue, à déguster avec des rires gras dans la gorge. Entre copines évidemment.
Moelleux aux deux chocolats enrobé de caramel et son coulis de white spirit : et si les hommes pouvaient tomber en cloque ?

Avant toute chose, commençons par leur flanquer des règles douloureuses et abondantes. 
(et comme je ne suis pas une méchante fille, je leur collerais aussi une paire de loches qu’ils pourront se tripoter à loisir. Un peu de réconfort pour les très sombres moments qui s’annoncent.)
Chacun sait qu’il est fort malaisé pour nos amis à bites de se projeter plus loin que l’heure qui suit et plus encore lorsque les événements à venir revêtent un caractère moyennement réjouissant. Ils auront violemment tendance à zapper le repas de dimanche prochain chez belle-maman par exemple, mais n’oublieront jamais, Ô grand jamais, que les festivités footballistiques brésiliennes débutent le 12 juin à 22 heures battantes. Bref, ils possèdent une mémoire qui fluctue fortement au gré de leur affect.
Chacune sait également, à quel point les menstrues peuvent être sournoises et putassières. Surtout les toutes premières ! Tour à tour silencieuses et torrentielles ou sèches et capricieuses, elles s’en donnent à cœur-joie pour mettre les nerfs à fleur de peau, pour saccager les patiences les plus émérites, pour labourer les ventres les plus endurants.
Si les hommes devaient subir ça, nous assisterions chaque mois à des hordes de mâles pris au dépourvu d’une arrivée sanguinaire impromptue, errant hagards, la mine ravagée, des tâches géantes collées au fond du froc.
Bien sûr, le gouvernement ne pourrait rester insensible devant un tel spectacle de désolation et s’empresserait d’instaurer un congé menstruel pour toutes ces pauvres âmes en déroute, creusant ainsi plus profondément encore, le déficit budgétaire de la France… Mais comment faire autrement ?

Prise de contraceptif chez le sujet masculin : vers une flambée démographique ? 
Assurément. Sans aucun doute.
L’homme est vilainement enclin à l’étourderie. Il oublie notre anniversaire, le chien dans la bagnole par temps de canicule (quand c’est pas les enfants…) et en est à son quatrième achat de chargeur-téléphone. Serait-il capable de prendre scrupuleusement, chaque jour à la même heure cette foutue pilule ? Je ne crois tristement pas.
Et pour ne pas arranger notre affaire, Dame Nature a doté l’homme de pulsions reproductives qu’il ne peut – presque pas – contrôler. (d’où les moult frottages dans le métro, les innombrables mains baladeuses en quête de fesses à féconder, les mots doux de rue à visée copulative etc) Autant la femme, cette chieuse invétérée si peu préoccupée par le devenir de l’humanité, va se permettre de refuser un coït sous des prétextes aussi futiles qu’une paire de jambes non-épilées, une culotte un peu pourrie ou un oubli de pilule la veille, autant l’homme lui, est viscéralement programmé pour assurer vaillamment, envers et contre tout, la survie de notre espèce.
Au vu de ces deux éléments, il y a fort peu à parier que si nous confiions la gestion du flux des naissances à la gent masculine, non seulement nous serions témoins d’une explosion de grossesses pas forcément désirées (Coucou le trou de la sécu ! Tu vas voir, il va prendre cher dans notre histoire.) mais aussi d’une inquiétante recrudescence de jeunes adolescents « enceints » (Coucou le trou de la CAF !)

L’homme peut-il survivre à une grossesse, un accouchement ? 
Connaissant la fâcheuse propension du rhume masculin à fatalement se transformer en cancer du cerveau, permettez-moi d’en douter légèrement.
Faut du cœur et faut du courage mais tout est possible à mon âge…
Après trois semaines d’aménorrhée, terrassé par d’abominables nausées – presque à l’article de la mort donc – l’homme en cloque, jambes en coton et cœur au bord des lèvres, serait dans l’inévitable obligation de quémander un arrêt maladie à son médecin traitant. Le premier d’une longue série. Les grossesses sont jalonnées de maux de dos lancinants, de jambes lourdes au bord de l’explosion, de feux gastriques et autres joyeuseries. Et une bonne grosse pelletée de plus dans le trou d’la sécu, une !
Dans les rares moments de répit que daignera lui accorder cette éprouvante épopée gestationnelle, l’homme en cloque saura t-il résister au besoin irrépressible de se détendre un peu, esquiver les traquenards alcoolisés tendus par ses amis, ignorer le petit pet’ qui tourne sous son nez ou les huîtres moyennement fraîches ?
Rien n’est moins sûr.
L’homme en cloque serait il capable de se souvenir des innombrables et pénibles rendez-vous chez l’obstétricien ?
Mmmm..
Cette future génération engendrée par des ventres mâles à l’hygiène de vie pas forcément irréprochable, est-elle vouée à n’être qu’à trois pattes, siamoise et grandement prématurée ?
Je n’ose répondre à la question, je me sais à deux doigts de la lapidation.
Quand viendrait l’heure fatidique, l’heure cruelle et sans pitié, l’heure d’expulser leur steak haché braillard, combien s’en relèveraient ?
J’imagine déjà les trop nombreuses stèles commémoratives érigées un peu partout à la mémoire de tous ces hommes héroïques « Morts en couches pour la France »

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…? 
T’as qu’à croire.
Les femmes, ces viles garces écervelées, lassées de ces hommes flapis et mi-mourants fuiraient inexorablement vers des contrées plus jeunes et vigoureuses. Plus rigolotes aussi (on n’a qu’une seule vie, faut en profiter bordel).
J’ai beau te serrer dans mes bras, tu m’échappes déjà là-bas…
Des hommes et leur marmaille borgne et clopinante livrés à eux-mêmes.
Un trou de la sécu plus profond encore que celui de Jesse Jane.
Une CAF à feu et à sang.
Un pays à terre.
Tu veux un verre d’eau ?

Un homme indigné : putain mais c’est bourré de gros clichés misandres ton truc Goldo ! 
Goldo (moi donc) : rhoo ça va, détends-toi un peu, c’est de l’HUMOUR ! T’as tes règles ou quoi ?! 

@LilasGoldo

Quand le féminisme chavire dans les eaux radicales.

Image

 Ce billet n’a pas été écrit sous une quelconque contrainte et son contenu n’engage que moi, Lilas Goldo, chromosomes XX
(et ta mère et tes sœurs aussi un peu)

A chacune ou presque de mes publications, je dois essuyer une volée de remarques sous forme de commentaires, de mails, de tweets ou de messages persos, plus ou moins cinglants, plus ou moins violents en provenance d’un mouvement qui a salement tendance à vouloir se propager : le féminisme radical ou les éoliennes enragées.
Le flot de leur rancœur est si dense et obtus que j’ai dû vite me résoudre à abandonner l’idée de répondre personnellement à chacune (chacun parfois) sous peine d’y perdre toute mon énergie, mon temps et ma foi en l’humanité. Et je laisse donc courir.
Cependant, la récurrence, pour ne pas dire l’acharnement, de ces « agressions »  martèle inconsciemment mon être et lorsque je me retrouve devant mon ordi, prête à rédiger un billet, je ne peux m’empêcher d’appréhender leurs réactions à venir, je suis frustrée de ne pouvoir y répondre concrètement et je m’en veux de subir sans rien dire ce harcèlement psychologique.
Qui ne dit mot consent.
Plutôt crever.
Ce papier est pour toi, féministe extrémiste, féministe qui s’est clairement égarée en cours de route, féministe mue par la colère qui n’œuvre non pas pour le respect, la dignité et le droit des femmes mais juste contre la bite.

Je refuse de me plier à ce féminisme qui veut m’ordonner comment penser, m’épiler, baiser ou aimer. 

Crois-tu vraiment que je me casse le cul à m’affranchir des diktats patriarcaux pour venir ensuite lamentablement me jeter dans la gueule, toute aussi béante et tranchante, de ton féminisme despotique ? Féminisme qui me réduit continuellement en victime, en petite chose fragile fatalement manipulée par le Grand Méchant Loup et qui refuse de voir en moi autre chose qu’un utérus sur pattes, un être humain à part entière. Féminisme qui tente de ligaturer ma liberté d’expression en brandissant des pseudo-arguments de culpabilisation. Féminisme qui me ridiculise en prétendant parler au nom de toutes les femmes et dont le discours se résume à un rageur « Je veux être calife à la place du calife ! » discours aussi constructif et perspicace qu’un beau caca nerveux sur le tapis du salon. Féminisme qui m’aboie dessus à longueur de vie : « OSEZ LE CLITO ! » « STOP A L’ÉPILATION ! » « TRIPOTEZ-VOUS ! »
Non, désolée mais je ne souhaite pas m’enrôler dans ton armée de petits soldats à ovaires, j’ai d’autres ambitions que celle de devenir ta chair à canon. Encore désolée mais j’ai la prétention de croire que je suis autre chose qu’un agneau à gros seins. Vraiment désolée mais mon vagin ne fait pas de moi, une pâte à modeler dévouée à tes capricieuses convenances.

Je ne dis pas que le sexisme, les atteintes faites aux femmes n’existent pas, juste que tes armes pour tenter d’y remédier sont si grossièrement affûtées qu’elles finissent par se retourner contre toi et la cause même que tu prétends défendre. 

Bien sûr que les abus de la toute puissance masculine existent même que tu en es, féministe toute pleine de fureur, sa preuve irréfutable, sa plaie sanguinolente qu’on ne saurait pas voir. Au risque de fâcher, je vais dire sans détour ce qui me semble entraver une lutte intelligente : bon nombre d’entre vous souffrent visiblement d’une expérience douloureuse, d’un traumatisme, sont ou ont été victimes, d’une façon ou d’une autre, de cette domination patriarcale et réclament une vengeance avant même une réelle égalité des sexes. Ta seule motivation tangible reste la haine. Mais bordel de merde, on ne construit rien de solide avec la haine, la haine est un ciment friable. La haine t’aveugle, te faisant tomber dans un pathétique mimétisme, te faisant prendre ces armes que sont la force et la violence, les tentatives d’intimidation, ces armes qui ne sont rien d’autres que celles utilisées par ceux-là même que tu accuses. Inconsciente, tu détruis à coups de mots lapidaires, rageurs et bornés des années de lutte pertinente, à coups de pioche, tu creuses chaque jour un peu plus, le fossé de la discorde. En instaurant le non-dialogue et ta pensée unique, tu distilles frustration et colère ou les mamelles nourricières de la guerre, tu ne fais qu’attiser les braises déjà brûlantes du sexisme et les femmes en deviennent ton principal dommage collatéral.
La haine n’est qu’un gage de faiblesse. Trop d’affect nuit aux facultés de discernement, il faut cesser de penser avec ses tripes, le féminisme ne doit pas être une psychothérapie personnelle s’il veut être efficace. Le féminisme ne doit pas être impulsif mais réfléchi. Guéris tes blessures avant de vouloir en faire une cause nationale.

 Je veux croire en une complémentarité équitable des sexes et non pas en une dualité puérile, en un rapport de force vain et usant.

Je veux me battre pour une parité homme/femme non pas pour imposer un pouvoir matriarcal.
Je n’ai pas honte de dire que j’ai besoin des hommes. Tout comme eux ont besoin de moi. Voilà pourquoi je refuse ce féminisme qui veut en faire des ennemis. C’est pas d’une guerre qu’on a besoin mais d’un règlement intérieur qui définisse la place de chacun pour une cohabitation juste et équitable.
Tu dois maintenant admettre une chose, une base ; les femmes n’auront jamais de bite, tout comme les hommes n’enfanteront jamais et l’un ne peut aller sans l’autre. C’est comme ça depuis la nuit des temps, tes sanglots longs n’y pourront rien changer.

Et pour ceux qui s’interrogent encore sur la nature du phénomène que j’incrimine, un article qui illustre à merveille les dérives effrayantes de ce féminisme vicié : « Le vagin n’est pas un organe sexuel. (Pas plus que l’anus ou la bouche). »

@LilasGoldo

Virginie Despentes, TAIS-TOI !

Image

Nouveau coup de gueule de Miss Vénère Despentes qui s’improvise, en toute modestie, critique littéraire, s’indigne au sujet du traitement de faveur qui serait accordé par les médias au livre de Marcela Iacub et ce au détriment de celui de la pauvre Tristane Banon. (Les deux ont eu la fructueuse lumineuse idée d’écrire sur DSK) puis termine sa virulente diatribe par une hargneuse conclusion où il est question de sexisme qui gangrène le milieu médiatique, de diktats patriarcaux et, bouquet final,  d’une demi-menace à l’encontre des mecs qui risquent bien un jour de le payer très cher. DUR A AVALER. Ça la fout drôlement en rogne tout ça à la Ninie, et comme elle s’est un peu auto-proclamée porte-parole des opprimés, des minorités, des faibles et des victimes (des femmes donc), ni une, ni deux, elle s’en va le vociférer bien haut dans une belle (et payante) tribune parue dans le Monde des Livres. (oui, parce qu’il existe encore, malgré tout, quelques médias gentils, voyez-vous.)

Dois-je nous le rappeler, il y a quelques mois de ça, dans le tourbillon des débats provoqués par le mariage pour tous, Virginie Despentes était déjà montée au créneau en trucidant invectivant violemment Lionel Jospin qui avait eu l’outrecuidance de poliment donner son avis sur le sujet. Alors oui, les intentions de Virginie Despentes sont, certes, des plus louables mais quand comprendra t-elle que sa pute d’agressivité la dessert plus qu’autre chose ? Et grandement. On ne force pas à boire, en lui gueulant dessus, un âne qui n’a pas soif.

 

Voilà maintenant 20 ans que dure la crise d’adolescence de Virginie Despentes. Oui, 20 ans déjà depuis sa première et impétueuse injonction « Baise-moi ». Jeune punkette louvoyant entre hôpital psychiatrique, came et peep shows (c’est abondamment répété dans ses diverses biographies.)  fille à la décadence bruyamment assumée, le phénomène était d’un genre tout neuf en ces débuts d’années 90 (Lolita Pille et ses copines pionçaient encore, innocemment, au fond de leur mignon petit berceau à cette époque) délicieusement subversif, il n’en fallut pas plus pour que le petit monde littéraire s’émoustille avec frénésie et que Despentes soit propulsée cheftaine de file d’une génération, classée d’office, paumée, chaotique et destroy. On ne s’embarrasse pas de détails pour fabriquer de la « légende » hein. A ce moment précis, Virginie, l’écorchée qui beugle en mini-jupe et collants déchirés, a encore pour elle le touchant prétexte de son jeune âge pour justifier ses maladresses.

Entre nous soit dit, même si j’en ai compris les douleurs, je n’ai cependant jamais su me laisser émouvoir par l’oeuvre de Despentes. Les cuisses ouvertes et le coeur à tout vent, Virginie braille sa souffrance. L’exhibition brutale de plaies sanguinolentes m’a toujours laissée de marbre et dans ma ‘tourmenture’adolescente, je me suis bien plus retrouvée dans les maux pudiques, les mots si justes de Carson McCullers, par exemple.

 

Mais comment négocier le délicat virage de la quarantaine, quand on a fait des affres de l’âge ingrat son fond de commerce ? Peut-on encore être crédible à 40 ans avec les mots de ses 20 ans ? Pas loin d’un demi siècle et toujours la révolte qui gronde au fond du ventre, Despentes n’en finit plus de cracher ses colères et me fait grésiller les nerfs. Non pas que ses causes me laissent indifférente mais cet étalage de mots crus et fonds de culottes m’insupporte au plus haut point. Elle a ouvert la brèche du verbe qui cingle comme un coup de fouet, de l’écriture qui mord comme un chien enragé. Brèche dans laquelle, une armada de meufs énervées s’est bien vite engouffrée, persuadée que ça serait la meilleure façon de faire entendre leurs revendications féministes et qui ne communique, aujourd’hui, quasiment plus que par ordres et aboiements agressifs. C’est plus l’égalité qu’elles réclament, c’est la guerre ! Chiennes soûlantes au franc-parler stérile.

« Baise-moi » m’avait laissée dubitative, « Les chiennes savantes » avait achevé d’endormir ma curiosité, il a fallu sa lettre ouverte adressée à Jospin pour que je relise Despentes, un bon paquet d’années plus tard. Narrativement, j’ai trouvé ce billet de qualité vraiment faiblarde, impulsivement puéril et même si nos convictions sont partagées, j’ai gardé en bouche un arrière petit goût de pathétique. Sa seconde récidive « Dur à avaler » n’est guère plus convaincante, toujours perdue entre vulgarité et méandres pubertaires, Despentes s’égare et finit par exaspérer.

Allez Virginie, baisse un peu le son et va ranger ta chambre !

@LilasGoldo

Tattoo faux.

Image

Avant, c’était quand même autre chose que du pipi de schtroumpf.

J’ai du sang salé qui coule dans mes veines, une histoire familiale que le sel des vagues a longtemps léchée, rongée, un passé hanté d’aïeules qui toute leur vie, ont attendu, ont continué de mettre une assiette supplémentaire sur la table pour l’absent, pour l’homme parti en mer qui ne reviendra plus. Du sang âpre et tulmutueux, du sang de marins-pêcheurs. Mon arrière grand-père fut le dernier de cette lignée de sombres héros de la mer et même si notre rencontre fut des plus furtives, il a marqué ma petite enfance. Un très vieil homme, assis sur une petite chaise, tout occupé au ramendage de ses filets de pêche. Je me souviens de son regard perçant, de son visage salement malmené par les vents sans pitié du grand large, de ses mains gigantesques, presque monstrueuses et des chansons qu’il fredonnait en catalan. Et je me souviens plus encore, des tatouages qui recouvraient ses bras. J’étais petite, encore toute tendre, et ces bleus sur sa peau me fascinaient tout en m’effrayant à la fois. Il faut dire que l’homme en lui-même était déjà un personnage impressionnant, plein de contrastes quelque peu déstabilisants ; rude au coeur précieux, il était connu dans toute la région pour sa capacité à pouvoir soulever des rails de chemin de fer à la seule force de sa machoire et il me fabriquait, de ses mains de pirate, des délicats petits trains avec des boîtes d’oeufs vides. Et ses tatouages étaient à cette image là, un mélange de violence, de corps martyrisé et de choses trop belles pour être dites qu’on se grave dans la peau. Il arborait fièrement sur l’avant-bras, presque toute sa vie : l’incontournable ancre de marine. Le reste, abondamment délavé par les coups de mer restait difficilement discernable. Son dos quant à lui, était presqu’entièrement recouvert par une fresque de vignes et des grappes de raisins ; son pays. Ma grand-mère m’avait raconté par la suite que ce tatouage, il l’avait fait un soir de beuverie, sur le coin d’un comptoir d’un tripot de marins et qu’il était toujours resté inachevé.

Rose Tattoo, y a un boa dans la vitrine et des cadavres de bouteilles sur le comptoir.

J’ai grandi, on a enterré mon arrière grand-père et ses trésors indélébiles et alors que j’étais encore outrageusement mineure, j’ai supplié mon père pour qu’il m’emmène chez le tatoueur. Je voulais une étoile. Oui je sais, c’est aujourd’hui d’une banalité affligeante mais à l’époque y en avait pas et c’était MON IDÉE ! Bordel. Le tatoueur, 150 kilos de muscles rugueux et une larme encrée au bord de l’oeil, m’a juste demandé abruptement : « une étoile ? Pourquoi une étoile ?? » Parce qu’une petite étoile, elle est capable de guider le marin dans la tempête.

Se faire tatouer le prénom de ses gosses, c’est un peu comme si on avait tourné Easy Rider en trottinette.

Aujourd’hui, on se fait tatouer comme on va chier un coup. A la chaîne, dans des salons aseptisés après avoir choisi son modèle sur catalogue. Longue et triste cohorte des tatouages vides, des tatouages qui ne veulent plus rien dire, ou le principe du désolant tattoo « fashion ». Un petit français pur beurre optera, sans sourciller, sans trop se poser de questions non plus, pour un tribal géant dans le dos, pendant qu’un autre, les couilles grosses comme des noisettes et parfaitement à jeun commettra l’acte fou de graver à jamais sur sa peau, le nom de son gamin. (ça peut pas t’demander le divorce, un môme.) Quand je vois toute cette flopée de petits sigles japonais et autres dégueulasseries baveuses dans l’même genre, j’en arrive à regretter le mauvais goût des trois points, Mort aux Vaches. Les crèmes anesthésiantes et les gants en latex ont remplacé le goudron et les aiguilles rouillées. Le tatouage n’est plus une histoire de tripes, juste de fric. Il a perdu en cours de route sa mauvaise réputation et son sympathique bonus « hépatite offerte ! » L’âme du tatouage agonise et des gars aussi foireux que Pascal Obispo ou M.Pokora (pour ne citer qu’eux) se chargent de l’achever à grands coups de talon métallique.

Ben oui, je sais bien bambino, c’est moche et c’est triste.

@LilasGoldo

ELLE : arnaque-moi si tu peux !

Image

 

« On ne couche le premier soir qu’avec un mec d’un soir. » ELLE- avril 1952 2012-

C’est marrant mais à chaque fois que je me retrouve avec un ELLE entre les mains, je suis prise de brusques convulsions de haine. J’ai alors très fortement envie de déchiqueter avec les dents ce ramassis de conneries, de le jeter par terre et de pisser ensuite, sur ces miettes de misère humaine. Juste ça. Je l’sais bien, ç’a déjà été dit des centaines de fois, mais faut que ça sorte, faut que je le (re)dise : comment est-ce encore possible, en 2013, un tel concentré de niaiserie enrobée de merde ? COMMENT EST-CE POSSIBLE ? J’ai honte de l’avouer,  mais je rêve de foutre la rédaction de ce torchon puant dans un charter, direction sans escale : la Birmanie. Juste pour leur apprendre un peu la vie à ces précieuses aux fions serrés.

ELLE, j’ai tant de choses à te repprocher et il y a déjà tellement de violence dans le monde, qu’il serait malvenu d’en rajouter encore une louche. Je vais donc me contenter de dénoncer l’essentiel, l’intolérable, le plus gerbant : ton sourire de hyène putassière.

Voilà, j’en peux plus d’voir tes litanies d’inepties tartinées d’hypocrite condescendance et je pense qu’aujourd’hui, il est grand temps de révéler au monde ta vraie gueule de catin vénale, créatrice de complexes depuis  1945 ! Comme je suis une chic meuf ; je t’offre la future ligne éditoriale de ton coming-out. Et maintenant, tu vas assumer ce que tu es VRAIMENT, ma grande !

– ELLE People. « Raclons du bidet ! »

Moquons-nous du gros cul de Rihanna, gargarisons-nous des malheurs de cette vieille cougar de Demi Moore méchamment larguée pour une petite jeune belle et fraîche et encensons sans retenue Kate Middleton et Victoria Beckham !

– ELLE Mode. « Osez le look mi-pute mi-clown ! »

– Magnifiques photos sur papier glacé d’une jeune mineure de l’est mourant de faim prenant des poses lascives et suggestives et sa farandole de fringues aussi rocambolesques qu’onéreuses, le tout sur fond de steppe enneigée-

[I have a dream : par un jour bien froid d’hiver, ORDONNER aux stylistes ELLE de revêtir les pelures d’oignons et les godasses orthopédiques de torture dont elles vantent les mérites à longueur de vie et les OBLIGER à traverser les quartiers nord de Marseille ainsi accoutrées.]

– ELLE Beauté. « Notre sélection de rouge à lèvres à plus de 200 € ! »

Comme vous ne l’ignorez plus, nous sommes totalement corrompues par moult grandes marques luxueuses. Il est donc normal que nous nous démenions à tenter de vous refourguer leurs bonnes arnaques ! Notez tout de même que notre sélection saura vous apporter des instants forts en émotion (surtout au moment de composer votre code de CB) et, est certifiée 100% pure graisse de bébés phoques !

[Ou comment vendre son âme au diable pour 3 minables échantillons Chanel.]

– ELLE Santé. « Vive les obèses ! »

Les lobbies Pro-grosses rondes nous les brisant sévèrement, nous sommes dans l’obligation cette semaine de vous pondre un article sur le sujet et toute la rédaction est très sincèrement navrée de devoir vous imposer ces 2 pages et demie poisseuses de calories. C’est toutes pleines d’un profond dégoût que nous nous sommes attelées à ce répugnant travail. Afin de ne pas bousiller le glamour de notre réputation, le rêve que nous nous efforçons de vous vendre depuis tant d’années et de ne pas trop heurter les âmes sensibles, nous nous sommes appliquées à photoshoper avec le plus grand soin les photos illustrant notre billet ; vous n’aurez pas à subir la vision d’obèses avec cellulite et bourrelets, nous avons tout gommé ! Et tenez-vous bien prêtes, la semaine prochaine, retour à la normale avec notre sujet favori « Comment bien vivre son anorexie ! »

– ELLE Culture.

Service momentanément en grève depuis 1972. Cependant, que nos lectrices se rassurent : notre traditionnelle et élogieuse critique au sujet du dernier album de Benjamin Biolay sera livrée en temps et en heure, notre stagiaire y travaille d’arrache-pied !

– ELLE Cuisine. « La feuille de salade en folie ! »

La recette gourmande de la semaine : rendez vous dans l’épicerie la plus fine et la plus chère de votre quartier, choisissez une belle salade que vous laverez ensuite à l’eau claire, disposez la soigneusement dans une assiette Geneviève Lethu  (il ne faut pas oublier le plaisir des yeux !) vous pouvez agrémenter votre plat de quelques gouttes de vinaigre balsamique ou de ciboulette finement ciselée. Bon appétit !

– ELLE Sexo. « Sucez pour la paix dans le monde ! »

Le saviez-vous ? Rien de mieux qu’une bonne pipe pour détendre et apaiser un homme. Or, un homme serein est un homme pacifiste ! Si toutes les femmes se donnaient la peine de bien vouloir sucer, sans rechigner, leur homme, il n’y aurait plus de guerres dans le monde. Comment procéder ? J-3 : prenez RDV chez votre esthéticienne afin d’être impeccable au moment fatidique. J-2 : achetez-vous de la lingerie sexy. Et n’optez surtout pas pour du confortable, malheureuses ! Si la délicate dentelle vous scie les fondements, serrez les dents et souriez. Le grand jour enfin venu, vous prendrez un soin tout particulier à vous savonner la chatte et n’hésitez pas à rajouter une larmichette de javel dans votre eau de rinçage ! N’oubliez jamais ça : le sexe sale et sauvage, c’est le MAL. A vos marques…prêtes..feu…pompez !

– ELLE Horoscope.

Il faut tuer la peau de l’ours avant que la cruche ne se casse parce que la nuit porte conseil. T’inquiète ma quiche, ça ira mieux demain !

ELLE, le magazine qui vous encule en douceur toutes les semaines, pour 2 euros seulement !

@LilasGoldo

Amie blogueuse, ce que tu seras gentille de nous épargner à l’avenir.

Image

Comme plus personne ne l’ignore, en ce moment, c’est le grand concours Golden Blog Awards.
Cool, me suis-je dit, voilà l’occasion d’aller fureter du bon blog.
Ça tombait bien, le temps était sinistre et je n’avais rien de mieux à faire que de me préparer un litre de thé bouillant, ma couette et mon PC.
Mais j’ai bien vite déchanté.
Et plutôt violemment.
Combien de rivières d’inepties, combien de montagnes de clichés rébarbatifs, combien de mots sauvagement massacrés…?
Et ça caquette, ça caquette pendant que l’ennui fait rage.
J’ai dû me fader des pages et des pages de fiente en lignes, en lettres et en ponctuations avant de trouver quelque chose de croustillant à me mettre sous la dent.
Faire un blog, c’est une chose.
Le présenter aux Golden Blog Awards, là, c’est une toute autre démarche : c’est la croyance assumée que, ce que tu écris, est susceptible de plaire au plus grand nombre. C’est aussi accepter de s’exposer à la critique…On est bien d’accord.
La suite s’adresse à ceux-là même, ceux que le doute n’ étreint pas une seule seconde.
Meufs, je m’adresse, tout particulièrement, à vous, parce qu’il faut bien l’admettre, vous êtes les championnes du pire que pire.
Amie blogueuse, ce que, tu seras gentille, de nous épargner à l’avenir :

  _Le bon gros poncif du prince charmant, pas si charmant.

Celui-là, ON N’EN PEUT PLUS.
Il traîne dans les bas-fonds  de la blogosphère depuis 1996, au moins, et il est tellement usé qu’il ne ferait même pas sourire ma grand-mère.
C’est bon, on a compris ta douleur, on a compris ton immense déception de la gent masculine.
On a compris aussi ton enfance collée devant la télé, tes parents, probablement un peu indignes, qui ont préféré la facilité, ou t’abrutir de DVD-glucose, plutôt qu’une balade en forêt.
On a compris tout ça mais je suis désolée, C’EST PAS A NOUS DE PAYER LES CRUCHES CASSEÉS.
Les quiches qui s’obstinent à regarder les films pornos jusqu’au bout, persuadées qu’à la fin, ils finiront par se marier, on n’en veut plus.

 _Le trip Sex and the city et autres délires Louboutinesques.

Pareil, le truc vu, vu, et rogné jusqu’à l’os.

Ce que, tu voudrais nous faire croire, l’air de rien: t’es une superwoman de la mort qui, du haut de ses stillettos, dirige sa vie d’une poigne de fer.
Ce qu’on sait, on n’est pas dupes : t’es monitrice d’auto-école et t’habites toujours chez tes parents à Clermont-Ferrand.
Par ailleurs, sache une chose, les Louboutin ne sont plus signe ostentatoire de luxe et raffinement, depuis que la Halle aux chaussures en a sortie une immitation plus vraie que vraie, à 49 euros, c’est juste devenu LE accessoire de rigueur porte Dauphine.
NB : Petits frères des précédents, les blogs de pétasses autoproclamées sont les prochains dans le collimateur. Leur date de péremption n’est plus qu’une question de jours.

 _La parisienne excessivement fière d’être parisienne.

Elle me fatigue celle-là.
Son blog narre, avec une pointe de snobisme mal dissimulée, ses afterworks, ses sushis-parties entre copines et son shopping dans le Marais mais prend grand soin d’omettre ses deux heures quotidiennes dans un métro qui pue la pisse et la transpiration pour retrouver sa cage à poules chambre de bonne de 20 m² qu’elle paie 700 euros /mois, le tout sous une pluie battante.
Paris ne fait plus rêver que toi et une poignée de réfugiés clandestins; range-moi donc ces manières dédaigneuses et ces vieux  relents de chauvinisme déplacés.

 _De ton mal-être existentiel, tu parleras avec parcimonie.

Celle-là suinte le mal de vivre et souhaite ardemment te faire partager son malaise.
Souvent, son blog est illustré par une photo un peu triste qui voudrait crier « je suis différente » (même si elles sont des millies, comme elle, à pulluler sur la toile) ou pire encore, une photo inquiétante qui parle de mort, de sang ou de conduites à risques.
Mais rassurons-nous : dans son tourment, elle n’a pas oublié de s’inscrire aux Golden Blog Awards !
La forme de ses articles n’est pas si exécrable, on peut même parfois tomber, au détour d’un paragraphe, sur une jolie tournure de phrase ou une gracieuse métaphore.
C’est le fond, qui est juste insupportable.
« Je suis une poussière errante qui n’a toujours pas trouvé sa place dans ce monde si hostile et je vais t’expliquer, en détails, sur trois longues et pénibles pages, ce qui se passe, dans ma tête, dans mon corps tout entier. »
Et je vais transformer, sans scrupule, ta pause café en pause cafard.
Ses pensées sont brouillonnes, tumultueuses et elle te les jette à la gueule, comme ça, au petit bonheur la chance.
Le tout saupoudré de citations, longues comme mon bras, de Kundera ou Coelho.
Je me meurs, je suis morte, je suis enterrée.

 _Les désespérantes mères de famille.

Non mais sérieusement, cessons la gaudriole deux minutes : Qui est content de savoir que la rentrée de Mini-crotte s’est bien passée ? QUI ?
Les No-MILF vont en meute docile et sont très actives.
Chez les unes, chez les autres, ça s’échange, frénétiquement, les bons plans ; comment se traire le lait jusqu’aux 7 ans de son gamin et  la recette du flan à la courgette qui va avec.
En apparences, le verbe minaude et ça se like bien dans le sens du poil.
Mais intérieurement, silencieusement, c’est la guerre au sang et ça lutte sec, à celle qui aura le meilleur mari, les plus beaux enfants, la plus grosse baraque, celle qui fera les scrapbookings les plus démentiels, ou la collection de stickers la plus délirante.
Du menu du soir,  en passant par la description des hémorroïdes chez la femme en gestation, rien ne nous sera épargné.
Les DMF ont des seins pour nourrir, des organes sexuels pour la reproduction et ont, visiblement, oublié d’être femme désirable.
Je soupçonne, trés fortement, leurs blogs d’être à vocation contraceptive.

 _Si tu voulais bien cesser de flinguer le français.

C’est la base bordel, la BASE.
Prends dix minutes pour te relire, c’est le moindre des respects que tu dois à ton lecteur.
Le cou que j’ai furieusement envie d’étrangler ne prend pas de ‘p’, nous pouvons en discuter ou en faire une discussion mais sûrement pas une ‘discution’ et me dis pas que j’ai torT ou je te torDs ce putain de cou sans p.
Pas la peine de courir traquer mes défaillances orthographiques, les miennes ne sont que fautes de frappe.
Comment ça « mauvaise foi » ? (sans e ni x)
Bon j’ai envie de conclure avec cette citation de je ne sais plus qui, trouvée je ne sais plus où :

«  La littérature ne périt pas parce que personne n’écrit mais quand tout le monde écrit. »

Paf.

@LilasGoldo

Les chafouines.

Image

 

Il y a quelques jours, lors d’une de mes innombrables descentes au coeur de l’internet malfamé, au détour d’un lien coupe-gorge, je suis tombée sur le Tumblr des Fils de Putes de la Mode. Comme son nom l’indique vaguement, la principale préoccupation de ces garçons bouchers qui grattent le papier au coupe-chou est la mode,  à laquelle ils livrent une bataille acharnée avec  pour principale cible à abattre sans pitié, les Plumeaux.Sorte d’American Psycho à la frenchie sauce dégénérée, ce blog est un havre de violence gratuite où ses bourrins de tenanciers gèrent leurs claviers à la kalachnikov au mépris de toutes règles de français correct et c’est bon comme le hurlement d’un punching-ball de foire qui vient de défoncer son meilleur high level.

Bien évidemment, ces rude boys qui flirtent, sans toutefois jamais copuler, avec  le borderline ne manquent pas de susciter moult chouinements chez les esprits chagrins non-munis de décodeur degré zéro qui, logiquement, ne peuvent comprendre que sous cette plume brutale ne se cache rien d’autre qu’un gang de doux utopistes qui rêvent d’un monde meilleur où chaque mâle pourrait prétendre à une belle paire de couilles en acier massif et une grosse moustache.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai  le steak cardiaque qui grésille d’enthousiasme à la lecture de ces fils de putes de la mode. Cependant, je dois avouer une légère déception : bien qu’on y dissèque en profondeur le phénomène « Plumeau », son homologue féminin, « la Chafouine », est cruellement laissé-pour-compte. Défendant ardemment la parité homme/femme, je me devais impérativement d’y remédier en sacrifiant mon jour du seigneur à l’élaboration d’une étude sociologique de la tendance « Chafouine ».

Qu’est-ce qu’une Chafouine ?

( A l’attention de celles qui souhaiteraient embrasser une carrière de Chafouine : si tu es grosse, frisée et/ou pleine de joie de vivre, tu peux passer ton chemin, les portes dorées de la Chafouinerie te seront éternellement et hermétiquement closes. Mes plus sincères condoléances.)

La Chafouine, c’est tout sauf de la bonne meuf de base, fessue, poitrinée et glossée comme une Loana dans ses jours les plus fastes.

Petit être malingre, bien souvent vêtue de sombre, elle va sans faim, le ventre vide et l’haleine aigre.

Généralement affublée d’un blaz’ qui fleure bon les temps, hélas révolus, des monarchies ( Victoire, Appolline ou Bérénice par exemple) elle se distingue par une attitude un peu particulière ; la pauvre petite n’en finit plus de souffrir d’un transit intestinal salement  paresseux. Certains diagnostiquent le mal bien plus en profondeur, au niveau du bas-ventre et incriminent la queue des Plumeaux qui, rachitique, n’excellerait pas dans son travail de ramonage des intérieurs intimes. Quoiqu’il en soit, la Chafouine douille sa précieuse race et c’est la mine maussade et renfrognée qu’elle erre dans les beaux quartiers de la ville.

Bien que méchamment obstruée des trompes et du tube digestif, les fondements arrières de la Chafouine sont, en revanche,  étonnement bien dégagés ; c’est qu’Appoline ne rechigne jamais à une bonne sodomie made in The Kooples ou Zadig & Voltaire -pour ne citer qu’eux- ( tu sais bien, ces talentueux créateurs de serpillères qui coûtent un bras.) Elle est friande de leurs black slims qui sculptent si joliment sa jambe de grive, boulimique de leurs vestes en cuir taille 32 qui font semblant d’être vieilles, affamée de low-boots tellement so rock baby ! Et leur  pochette en peau de bébé vache cloutée, si merveilleusement conçue pour y ranger sa CB et un demi tampax ! La Chafouine se fantasme en sosie de Nancy Spungen (une Nancy qu’on aurait soigneusement brushée et récurée à la javel) et pour ce faire,  c’est toute pleine de bonne volonté qu’elle offre son postérieur à la mercantile enculade.

Un autre curieux paradoxe est à noter chez la Chafouine : bien que triplement issue de la Haute, elle s’exprime en verlan ! « La te-hon, j’ai ièp’ et j’me suis ièch’ dessus ! » ( trad : quel déshonneur, je suis victime d’une flatulence foireuse !) dira Bérénice qui vient d’abuser de cachetons brûle-graisse et qui coule de partout. C’est que la Chafouine, la délicate Chafouine, est fascinée par ce tiers monde inconnu qu’est la banlieue ! Endroit  qu’elle imagine regorgeant de rebelles et virils jeunes hommes qui la font délicieusement frémir de la culotte. (Elle a déjà vu NTM en concert !) Elle rêve de pouvoir un jour en apprivoiser un.  Écoutons donc un peu une des plus dignes représentantes de la Chaf’attitude, Lou Doillon :

« Un soir, à une fête Agnès b., il y avait Tricky que je ne connaissais pas, et il y a eu une embrouille qui a dégénéré. Quelqu’un a appelé les flics et mon premier réflexe a été de prendre Tricky dans mes bras car je savais que, avec sa tête, il allait se faire arrêter dans la seconde, et de le planquer chez moi. »

(Par « embrouille » il faut entendre que l’étourdi John-Edouard a malencontreusement marché sur le chausson Zizi Repetto de Constantin. Ndlr)

Et elle va parfois même, les lendemains de cuite,  pousser le vice d’une identification subliminale jusqu’à s’attifer d’un jogging en cachemire Bompard et d’une casquette Trucker (avec en dessous, les incontournables Wayfarer et le menton qui racle, plus que jamais, le trottoir de dédain.)

Comment la Chafouine occupe-t-elle ses journées ?

Même si la Chafouine passe une heure et demie tous les matins dans sa salle de bain pour mettre en place sa coiffure faussement désinvolte, n’allez pas pour autant croire qu’elle est totalement creuse !

La Chafouine a un travail, elle est Djette-styliste-photographe-compositrice (on sait pas de quoi mais c’est pas grave). Si on enlève le gros chèque que son daron a la bonté de lui signer tous les mois, elle ne gagne pas grand-chose, mais Victoire a sciemment fait le choix d’une vie d’ARTISTE, d’une vie de bohème. Frôler la précarité à 3 kilomètres, bien au chaud dans son petit appartement du XVIème, c’est tellement excitant !

Sinon la Chafouine aime beaucoup aussi retrouver son crew de Chafumeaux dans des petits cafés de bourges déguisés en tripots. Là, ils refont le monde, s’indignent suir la crise, la misère, le racisme, la dernière coiffure de Daphné Bürki. C’est pas parce qu’ils ont le cul généreusement bordé de nouilles qu’ils ne se sentent pas concernés ! Parfois,  la discussion s’enflamme et, au sujet de l’expulsion scandaleuse des roms, Bérénice particulièrement outrée ira même jusqu’à lâcher un rageur « c’est dégueulasse ! » Parce que ce sont des gens comme ça, généreux, entiers et altruistes.

Le soir venu, la Chafouine s’en va traîner ses bottillons pointus dans la poussière de hauts lieux underground-so hype-samère ou se faire péter la gueule à la sortie du Point Éphémère. Entre deux bières, un rail de coke, ça s’encanaille, recherche la dépravation désespérément. (n’oublions pas que c’est une fille follement rock’n’roll !) Elle finira par ramasser dans un coin, un Plumeau chétif qu’elle ramènera dans son lit. Ils fumeront quelques joints de drogue en écoutant du Sex Pistols, baiseront avec la sauvagerie d’un couple de petites souris au fond de son terrier et finiront par sombrer dans les bras de Morphée.

Punk’s not dead quoi.

@LilasGoldo